Un appel à la mobilisation des salariés du transport routier de marchandises circule à la veille du mouvement annoncé par plusieurs organisations patronales. FO Transport appelle les conducteurs et l’ensemble des personnels du secteur à se mobiliser à partir du dimanche 11 octobre 2026 à 22 heures, en dénonçant une progression salariale jugée insuffisante face à l’évolution du coût de la vie.
« 4 années ne valent que 2,9 % »
Le principal argument avancé par le syndicat porte sur les rémunérations. FO Transport à l’origine de l’appel estime que quatre années d’évolution salariale pour seulement 2,9 % d’augmentation ne permettent plus de préserver le pouvoir d’achat des salariés du TRM. L’appel cite notamment la hausse des prix de l’alimentation, des carburants, des loyers, des charges et des assurances pour illustrer la pression exercée sur les budgets des ménages.
Cette revendication intervient alors que les organisations patronales du transport ont elles-mêmes engagé un rapport de force avec le gouvernement sur les coûts supportés par les entreprises, notamment face à la remontée des prix du carburant.
Les conditions de travail au cœur du mouvement
Au-delà des salaires, le texte met en avant les conditions de travail. Les salariés dénoncent des amplitudes importantes, le travail de nuit, la pression des délais et des effectifs jugés insuffisants. L’appel concerne l’ensemble des métiers du transport routier : conducteurs, exploitants, agents de quai, mécaniciens, personnels administratifs et autres salariés.
Le message cherche ainsi à élargir la mobilisation au-delà des seuls conducteurs, en rappelant que l’activité du TRM repose sur l’ensemble de cette chaîne de métiers.
Le véritable enjeu : une mobilisation commune ?
La question qui se pose désormais est celle de la convergence entre les revendications des salariés et celles des entreprises de transport. Les salariés vont-ils rejoindre le mouvement lancé par les patrons ? Le contexte pourrait favoriser un rapprochement ponctuel : les entreprises dénoncent l’augmentation de leurs charges et la dégradation de leurs marges, tandis que les salariés mettent en avant la perte de pouvoir d’achat et la pénibilité croissante du métier.
Mais les revendications ne sont pas identiques. Les employeurs réclament principalement des mesures permettant de préserver la compétitivité des entreprises et leur trésorerie. Les salariés, eux, demandent une meilleure rémunération et des contreparties à leurs contraintes de travail.
Un 11 octobre sous surveillance
Après plusieurs années de tensions sur les rémunérations et les conditions d’exploitation, le 11 octobre pourrait ainsi constituer un test grandeur nature de la capacité du transport routier à faire converger, ou non, les revendications de ses employeurs et de ses salariés.






