Dans une lettre envoyée à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, plusieurs acteurs du transport, l’IRU, le CLECAT, le Conseil européen des chargeurs et la Global Cold Chain Alliance, exhortent l’Union européenne à renoncer à imposer des objectifs obligatoires d’achat de poids lourds zéro émission.
Cette demande intervient en réaction au projet de Bruxelles visant à obliger les transporteurs à acquérir une proportion déterminée de véhicules dits « propres ».
Des obligations jugées contre-productives
Les signataires reconnaissent partager les ambitions climatiques de l’Union européenne, mais estiment que la contrainte ne saurait remplacer les conditions favorables à une transition réussie. « Les véritables progrès découleront d’un environnement propice, pas de mesures punitives », a déclaré Raluca Marian, représentante de l’IRU.
Elle souligne que forcer les entreprises à acheter des véhicules qu’elles ne peuvent ni utiliser ni rentabiliser ne permettra pas de décarboner le transport routier. Selon elle, la transition doit rester équitable, pragmatique et économiquement viable.
Un risque majeur pour les PME du transport routier
Les organisations rappellent que plus de 95 % des 600 000 transporteurs européens sont des PME ou des microentreprises. Imposer des objectifs d’achat risquerait de faire peser des coûts disproportionnés sur ces petites structures, les moins capables d’absorber les surcoûts de mise en conformité. Les répercussions économiques se propageraient tout au long de la chaîne logistique, touchant l’ensemble du secteur.
Certaines branches du transport, comme la logistique de la chaîne du froid, le secteur de la construction ou le transport de produits chimiques, font face à des contraintes techniques et opérationnelles spécifiques qui rendent l’électrification complète difficile, voire irréaliste à court terme.
Les signataires jugent donc qu’une obligation uniforme d’achat de véhicules zéro émission serait à la fois impraticable et économiquement nuisible.
Des solutions alternatives proposées
En lieu et place des contraintes, les organisations appellent à des mesures d’incitation et de soutien :
- Des aides ciblées à l’acquisition de camions zéro émission pour en réduire le coût.
- Une accélération des investissements dans les infrastructures de recharge, tant dans les dépôts que sur le réseau public.
- Un cadre financier cohérent, réinvestissant les recettes d’outils comme l’Eurovignette ou l’ETS 2 directement dans la décarbonation du transport routier.
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