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Premier accroc pour le marché France des autocars et autobus

Si le marché France des autocars et autobus était bien orienté, le très vilain mois de mai 2025 (-33.5%) a provoqué une inversion de tendance sur le cumul enregistré depuis le 1er janvier. Accident de parcours ou amorce d’une tendance de fond comme pour le transport de marchandises ?

Une douche froide

Le mois de 2025 restera comme un mois maudit pour les distributeurs français de véhicules industriels neufs. Avec seulement 316 immatriculations d’autocars et autobus et un -33.5% par rapport au même mois de 2024, ce résultat constitue une douche froide.

La perte d’immatriculations est tellement forte qu’elle parvient à inverser la tendance enregistrée au cumul depuis le 1er janvier. En effet, pour la première fois depuis le 1er janvier 2025, le MTM France des autocars et autobus publié par le CCFA affiche un -1.3% (2139 immatriculations neuves). La question est de savoir s’il s’agit d’un accident de parcours ou d’une tendance de fond. Le rendez-vous crucial sera fin août avec les livraisons des autocars dédiés aux lignes scolaires.

Daimler Buses en forme

Par contraste avec Daimler Trucks France, la filiale française dédiée aux autocars et autobus cartonne : +85.3% au cumul pour Setra (63 immatriculations) et +12.8% pour Mercedes-Benz (424 unités entre le 1erjanvier et le 31 mai 2025). MAN confirme son retour en grande forme (+65% et 325 immatriculations.

Parmi les marques principales, Iveco Bus apparaît en relatif état de faiblesse (-11% et 801 immatriculations pour Iveco, -1.5% et 128 unités au cumul pour Heuliez Bus). Là encore, la rentrée scolaire devrait donner un aperçu plus précis des rapports de force entre groupes. Irizar reste bien orienté au cumul (+31% et 76 unités) mais le mois de mai a été mauvais avec seulement 16 livraisons (-15.8% par rapport au même mois de 2024).

Les Turcs toujours présents

Parmi les constructeurs Turcs, c’est Isuzua Anadolu, importé par FCC, qui tire son épingle du jeu en réalisant l’inverse du Basque Irizar : un très fort mois de mai 2025 (16 livraisons, +116% par rapport au même mois de 2024) ce qui dope son cumul (+33.3% et 52 unités). Karsan, très dépendant de mini et midibus est en retrait (-42.1% et 11 immatriculations). Otokar Europe réalise un bon mois de mai (13 immatriculations et 62.5% de hausse) mais cela ne compense pas un début d’année maussade (59 unités soit -22.4%). Comme pour Temsa ou Iveco Bus, l’enjeu des autocars scolaires sera déterminant. Le ténor Truc, Temsa, chute presque au même rythme que le marché avec -1.4% au cumul (70 immatriculations). Pour VDL/Van Hool, le mois de mai 2025 est contrasté : rien au compteur pour VDL qui reste figé sur son cumul de 15 unités tandis que Van Hool enregistre 4 certificats supplémentaires, confirmant la reprise des livraisons depuis l’usine de Skopje (Macédoine).

Il nous faudra attendre les détails des données AAA Data pour voir qui se cache dans les Divers, lesquels affichent une belle hausse (47 unités soit +38.2% au cumul).

Les Suédois en chute libre

Si les marques suédoises font la loi en transport de marchandises, cela ne se vérifie pas sur le marché France dans le domaine des autocars et autobus. La chute de Scania (-83% et 18 unités) pénalise le groupe Traton. À moins que le retrait de Scania des véhicules complets en 2024 soit une façon de faire de la place à la marque cousine MAN ?

Volvo Buses France est également en forte baisse (-69% sur le cumul 5 mois 2025 et 13 unités). L’arrêt des fabrications de Sunsundegui, le carrossier espagnol de Navarre qui réalisait les Sb3 vendus par Volvo Buses France ne va pas arranger la situation. Le carrossier étant en liquidation depuis mi-avril 2025, il reste aux commerciaux de la marque à attendre l’arrivée des autobus Volvo fabriqués chez MCV en Egypte et des 9700 en provenance du Mexique, arrivées qui ne se traduiront pas en immatriculations avant la fin de l’année 2025 ou au début de 2026.