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L’IRU salut avec réserves les mesures de Bruxelles pour un transport efficace et vert

L’IRU salut les propositions de mobilité verte formulée par la Commission européenne. Cependant, l’organisation internationale qui représente les transporteurs a averti que le projet ne pourra pas créer de règles du jeu équitables entre les modes de transport durables, « ce qui est essentiel pour soutenir une transition efficace vers des transports plus propres et plus écologiques dans l’Union européenne ».

La Commission émet plusieurs avis, tout d’abord, sur le transport de voyageurs comme la proposition d’exonérer la TVA sur les billets des passagers. « Cela doit être fait de manière non discriminatoire pour tous les modes de transport de passagers durables. Les autocars longue distance et interurbains sont l’un des moyens de transport collectif de passagers les plus durables et les plus abordables et offrent une excellente alternative verte aux voitures particulières » souligne l’IRU.

« Le paquet a également besoin de plus de précision, en particulier en ce qui concerne les infrastructures de carburant alternatif dans les nœuds urbains, les aires de stationnement sûres et sécurisées d’ici 2050, les conditions et règles de partage des données, l’accès aux véhicules utilitaires dans les zones à faibles émissions ou à zéro émission et le rôle des villes dans l’évolution du comportement des voyageurs vers la mobilité collective des passagers » précise l’organisation.

Les villes sont le point de départ et d’arrivée du transport de marchandises et de personnes ainsi que le site de nombreuses connexions intermodales, comme avec les ports et les aéroports. « Malheureusement, le nombre de nœuds urbains actuellement identifiés dans le cadre de la proposition RTE-T est encore très faible. Cela réduirait implicitement le niveau d’ambition dans le cadre d’une autre proposition récente de la Commission européenne sur les infrastructures pour carburants alternatifs (AFIR), qui identifie les nœuds urbains comme des cibles clés pour ce type d’infrastructure » fait-elle remarquer. Bien que la proposition du RTE-T porte le nombre de nœuds à 465, il est loin d’être suffisant pour avoir un impact significatif sur l’infrastructure de carburant alternatif nécessaire aux véhicules entrant ou traversant les villes de l’UE.

L’IRU s’étonne du faible niveau d’ambition d’un autre point critique pour l’industrie, à savoir les aires de stationnement sûres et sécurisées (SSTPA). « L’initiative visant à améliorer le réseau SSTPA de l’UE est appréciée, mais le calendrier de mise en œuvre défini dans la proposition de règlement RTE-T – d’ici le 31 décembre 2050 – est insuffisant et n’apportera pas les améliorations immédiates des conditions de conduite qui sont nécessaires de toute urgence sur la route secteur des transports. »

Les villes européennes sont susceptibles d’introduire des réglementations d’accès des véhicules qui créent des obstacles aux services de transport transfrontaliers et nationaux en incitant uniquement les véhicules à zéro émission, ignorant le fait qu’il n’y a pas de technologies alternatives disponibles aujourd’hui pour tous les segments de marché de l’industrie du transport routier commercial. « Cela pourrait perturber les chaînes d’approvisionnement, augmenter les coûts pour les opérateurs et rendre le transport de personnes et de marchandises plus cher pour les citoyens de l’UE vivant dans les zones urbaines » indique l’IRU.

Hervé Rébillon
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