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VDL-VAN HOOL : « une cohabitation entre les gammes et les outils industriels »

Après avoir représenté jusqu’à une centaine de véhicules neufs par an en France, VDL Bus & Coach a connu une lente descente, précipitée comme pour tant d’autres, par la COVID. Après une année 2024 qui peut être qualifiée d’année noire pour le secteur avec la faillite du constructeur Van Hool, on voit réapparaître depuis février la marque VDL Bus & Coach dans les immatriculations France 2025. L’occasion de faire le point avec Ilhem Lemaire, directrice VDL Bus & Coach France (photo) et Linda Truant, responsable commerciale VDL Bus & Coach pour le quart Sud-Est de la France.

TRM24 : VDL a repris les activités autocars de Van Hool lors de la faillite de celui-ci. Quel est le périmètre de cette reprise et où en est l’outil industriel depuis le rachat ? 

Ilhem Lemaire : « Il y aura une cohabitation entre les gammes et les outils industriels. La reprise des actifs Van Hool concerne l’usine de Skopje (Macédoine). VDL loue des locaux, toujours gérés par les curateurs liquidateurs, au siège historique de Koningshooikt (Flandres, Belgique). [les bureaux d’études et les pièces de rechange sont toujours dans le fief historique de Van Hool NDLR] Ces locaux sont partagés et Hess en loue une partie pour terminer l’assemblage des ExquiCity pour les lignes T-Zen d’Ile de France Mobilités. Je précise que VDL Van Hool n’a pas repris l’activité autobus de Van Hool. »

TRM24 : Comment est organisé le groupe depuis le rachat ? Les forces de ventes sont-elles communes ? 

Ilhem Lemaire « S’il y a bien une entité VDL Van Hool, elle concerne la Belgique et la Macédoine. Pour la France, il n’y a plus de filiale Van Hool. Ses actifs ont été repris par Lambert Location qui a racheté ateliers, magasins et repris une partie du personnel de Fosses (Val d’Oise). Le force de vente VDL France a été renforcée début février avec l’arrivée d’un commercial (ex Van Hool) »  ce qui porte à quatre l’effectif des commerciaux qui peuvent vendre les deux marques VDL et Van Hool.»

TRM24 : La situation a été très confuse au moment de la cessation de paiements puis de la faillite de Van Hool, lésant plusieurs clients. Quelle est la situation aujourd’hui ?

Ilhem Lemaire « La faillite de Van Hool a été prononcée en avril 2024, VDL Van Hool a repris une partie des effectifs pour assurer l’exécution des contrats. Les clients ayant un véhicule engagé en production lors de cette période, ont tous été contactés ou sont en cours pour re-signer un bon de commande. J’ajoute qu’il y a déjà eu des livraisons ».

TRM24 : Un des défis est l’après-vente. Vous avez annoncé de nouveaux partenaires. Quelle est votre stratégie de développement ? 

Linda Truant « VDL Bus & Coach France dispose de deux techniciens itinérants servant au support du réseau et des clients. Vient s’y adjoindre un réseau physique qui comprend des établissements comme Dicsit Alliance, Pyrame ou Sovia, le nouveau point service à Bordeaux. »

Ilhem Lemaire « Tous les ateliers agrées VDL Bus & Coach France arborent également le panonceau DAF Trucks, ce qui permet d’offrir une offre pérenne et complète tant pour la mécanique que pour la carrosserie. Pour le Nord de la France, nous pouvons compter également sur nos implantations industrielles en Belgique ».

Un autocar Van Hool Série T dont la production a repris à l’usine VDL Van Hool de Skopje (Macédoine).

TRM24 : Cela fait peu d’agences pour couvrir un territoire comme la France. Pourquoi ?

Linda Truant « Nous n’avons pas de gammes d’autocars de ligne ou scolaires. De fait notre portefeuille se concentre sur les activités de tourisme. Nous implantons notre réseau en fonction de ce critère. Notre modèle économique et la répartition géographique des clients font que l’on prend du temps pour le faire. »

Ilhem Lemaire « Nous travaillons sur la façon de développer l’assistance client, et des recrutements sont en cours. »

TRM24 : Quelles sont les « zones blanches » identifiées ?

Ilhem Lemaire : « Le terme de « zones blanches » me gêne un peu. Mais disons que nos priorités portent pour le moment sur les régions Grand Est, IDF et la Bretagne. On a identifié les besoins là où il y a déjà beaucoup de véhicules VDL et Van Hool en circulation, (…) pour la région Nord, nous pouvons compter sur notre usine de Roeselare où toutes les compétences sont rassemblées. »

TRM24 : Après cette absence prolongée et troublée, comment allez-vous communiquer ?

Ilhem Lemaire : « Il y a effectivement plusieurs actions menées vis-à-vis des clients et prospects. Il y a, pour l’institutionnel, la participation à des événements tels que ceux de la FNTV, au salon Busworld 2025. Les commerciaux peuvent proposer les deux marques sachant que VDL arrête la production de sa gamme d’autocars double-étages. Van Hool les conservant à son catalogue. Parallèlement, le Van Hool EX, tout comme l’Alicron, n’existent plus. Ce positionnement sur le marché étant potentiellement assuré par le prochain VDL Futura FHD3 qui sera à Busworld 2025. On est impatients de le présenter. On envisage une tournée en France pour le faire découvrir aux clients.»

TRM24 : Qu’en est-il du redémarrage de l’outil industriel ?

Linda Truant « Il faut tout de même rappeler l’impact qu’ont eu les mesures liées au Covid-19 qui ont désorganisé toute l’industrie et les approvisionnements. Et cela a impacté les équipementiers. La période Covid-19 a également considérablement retardé le développement du Futura FHD3, en particulier pour les tests et validations.  Malgré tout, nous avons livré des véhicules pour nos clients de Nice en 2023 comme pour la région d’Aix-Marseille en 2024. Nous n’avons pas communiqué sur celles-ci et c’est peut-être dommage. »

Ilhem Lemaire « L’usine de Roeselare -Belgique- produit désormais de façon régulière. Cela va beaucoup mieux. Il y a eu de bonnes décisions au sein de VDL comme le rachat de la marque Van Hool. C’est vrai que le lancement a été retardé. Pour le VDL Futura FHD3, l’équipe dirigeante veut un produit abouti. Les véhicules de pré-série font l’objet de tests auprès de clients aux Pays-Bas, une étape indispensable avant d’entamer la commercialisation effective. Il y a eu beaucoup de retard en effet sur le nouveau VDL Citea, cependant le retard s’est considérablement résorbé.»[1]

TRM24 : Vous évoquez le nouveau VDL Citea, avez-vous l’intention de développer des équipes commerciales dédiées aux appels d’offre ?

Ilhem Lemaire : « L’équipe Support commerciale actuelle est mutualisée, et nous avons un collaborateur expert dédié aux appels d’offres. La commercialisation évolue, on est en pleine transition écologique et économique. L’exemple parfait étant Ile de France Mobilités qui achète les véhicules qu’elle fait exploiter par ses opérateurs. De plus en plus d’appels d’offres portent sur l’engagement de disponibilité du matériels. Le modèle change. On note que davantage d’appels d’offres incluent la fourniture de chargeurs électriques, avec leur maintenance et mise en service. »

TRM24 : Avec le retour à la normale de la production, quels sont vos objectifs commerciaux ?

Ilhem Lemaire :  « On ne communiquera pas de chiffres. Mais on se souhaite beaucoup de succès en immatriculations pour 2026 ! On a un portefeuille de commandes et nous avons les ressources pour les gérer. Tout change : voyez Irizar et Temsa qui renaissent de leurs cendres en termes d’immatriculations en 2024. Hormis les deux géants [Daimler Buses et Iveco Bus NDLR] il reste 25% du marché pour les autre marques. Il n’y a pas de raison pour que l’on ne reprenne pas cette 3ème place du segment autocars de tourisme. »

Linda Truant : « Nous n’avons pas de véhicules scolaires et de ligne, mais on sait se positionner sur notre segment. Les clients ont un lien très fort avec nos marques. Il faut vraiment restaurer la confiance.»

Ilhem Lemaire : « Van Hool entend rester actif sur le marché de la personnalisation, tout dépendra des clients et de leurs demandes ».

TRM24 : Le marché de l’occasion est bien orienté. N’est-ce pas frustrant d’avoir des parcs VO vides sans rien proposer aux clients ?

Ilhem Lemaire : « Je confirme qu’il n’y a plus de stocks sur parc. Mais comme constructeur, je préfère vendre du véhicule neuf. Aujourd’hui, nous sommes en mesure de livrer plus vite que nos concurrents : une commande passée aujourd’hui[2], pour un Van Hool, je peux m’engager sur une livraison au printemps 2026. »

 

[1] La rédaction de TRM24 est en mesure d’affirmer que ces autobus (une quarantaine) sont en phase de réception par l’opérateur et l’Autorité Organisatrice.

[2] Entretien réalisé le au mois de mars 2025