Le gaz européen a dépassé mercredi les 100 euros/MWh, une première depuis quatre ans. La dégradation de la situation au Moyen-Orient, la baisse des exportations de GNL et des réserves européennes moins remplies qu’en 2025 alimentent cette nouvelle flambée. Pour les transporteurs qui font rouler leurs camions au gaz, cette envolée rappelle la vulnérabilité des énergies aux crises internationales.
Une offre sous tension avant l’hiver
Les marchés redoutent une intensification du conflit entre les États-Unis et l’Iran, susceptible de perturber davantage les infrastructures énergétiques du Golfe. Les exportations de gaz naturel liquéfié du Qatar, acteur majeur du marché mondial, ne représenteraient plus que 20 à 30 % de ses capacités habituelles, selon Commerzbank.
Dans le même temps, les stocks de gaz de l’Union européenne n’étaient remplis qu’à 74,93 % au 27 octobre, contre 82,91 % un an auparavant. L’arrivée de températures plus froides et une production éolienne annoncée en baisse pourraient également accroître la demande de gaz pour produire de l’électricité.
Des coûts supplémentaires pour la filière transport
Le contrat de référence européen TTF atteignait 100,45 euros/MWh mercredi après-midi, en hausse de plus de 250 % depuis le début de l’année.
Pour les transporteurs utilisant des poids lourds au GNV ou au bioGNL, cette envolée risque de renchérir directement l’approvisionnement, selon les conditions contractuelles. Ses répercussions pourraient également toucher les dépôts, les plateformes logistiques et, plus largement, l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement.
Même si le gaz reste loin des niveaux records de 2022, cette nouvelle crise rappelle la vulnérabilité des coûts d’exploitation aux tensions internationales. Une accalmie pourrait ramener les cours autour de 50 euros/MWh, mais les dommages subis par les infrastructures qatariennes pourraient limiter les exportations jusqu’en 2028.
Pour les entreprises de transport, l’enjeu est désormais de préserver leurs marges dans un contexte énergétique incertain, alors que toute hausse durable des coûts ne peut être absorbée sans conséquence sur leur rentabilité.
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