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Le BioGNV confirme sa place de première alternative au diesel

Le BioGNV a enregistré une dynamique forte en 2025 avec une augmentation du parc de 12%. Lors d’un point presse hier, France Mobilité Biogaz a alerté néanmoins sur les freins réglementaires persistants et appelle à un cadre stable pour sécuriser les investissements et accélérer la transition vers un mix énergétique décarboné.

“Le BioGNV, carburant renouvelable issu de la méthanisation, est l’une des énergies disponibles les plus efficaces », a souligné Anne-Laure CHARPENET, présidente de France Mobilité Biogaz et directrice Transition Energétique Transports du groupe La Poste. « Fortement décarboné, peu polluant, économique, ce carburant s’appuie sur un réseau mature et une offre de véhicules fiables. Il est indispensable que le BioGNV soit reconnu afin qu’il continue à se développer. La décarbonation du transport ne peut pas attendre et le secteur a besoin de solutions qui fonctionnent dès à présent.”

Une dynamique solide du BioGNV en 2025

En 2025, le BioGNV confirme sa place de première alternative au diesel pour les véhicules lourds en France. Le parc atteint 39 000 véhicules, dont 26 000 lourds (+12 % en un an) répartis entre poids lourds, bus et bennes à ordures. Malgré un marché global en recul (-11 %), le gaz résiste mieux (-6 %). Le réseau continue de s’étendre avec 364 stations publiques et 410 privées, soit un doublement des stations publiques depuis 2020. Sur le plan environnemental, plus de 500 000 tonnes de CO₂ ont été évitées.

La consommation de GNV atteint 5,4 TWh en 2025, dont une majorité de GNC (4,5 TWh) et une part de GNL (0,95 TWh). Le BioGNV représente désormais 56 % des volumes, contre seulement 5 % en 2017. Parallèlement, la production de biométhane injecté progresse fortement, atteignant 15 TWh en 2025 (contre 4 TWh en 2020), avec un objectif national fixé à 44 TWh d’ici 2030.

Un début 2026 marqué par l’incertitude

Le premier trimestre 2026 montre un net recul des immatriculations de véhicules industriels GNV (-60 %), lié à un contexte réglementaire instable qui freine les investissements. Ce ralentissement ne traduit pas un désintérêt, mais plutôt une attente des acteurs. À l’inverse, le transport de voyageurs reste dynamique avec une hausse de 26 % des ventes.

Les politiques publiques privilégient fortement l’électrification pour décarboner le transport routier, au détriment du BioGNV. La filière dénonce un manque de reconnaissance des énergies renouvelables dans la réglementation européenne et un décalage entre les réalités industrielles et les orientations politiques, rappelant qu’aucune énergie unique ne pourra répondre à tous les usages.

Des échéances décisives pour la filière

Deux évolutions majeures conditionnent l’avenir du BioGNV : la mise en œuvre de l’IRICC en France et la révision des normes européennes d’émissions de CO₂ prévue en 2027. La filière alerte sur les risques de restrictions réglementaires et mise sur une meilleure reconnaissance des carburants biogéniques, notamment via la création de catégories spécifiques de véhicules, pour assurer son développement.

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