Le transport longue distance par autocar connaît une dynamique sans précédent en 2024, selon le dernier rapport de l’Autorité de régulation des transports (ART). Dix ans après l’ouverture du marché, le secteur franchit un cap historique avec 18 millions de passagers, soit une hausse significative par rapport à l’avant-COVID. Depuis 2015, plus de 100 millions de voyageurs ont adopté ce mode de transport à la fois économique et écologique.
Fréquentation en forte hausse, mais des infrastructures à la traîne
La fréquentation des autocars librement organisés a bondi de 40 % depuis 2019 dans les principales gares routières françaises. Toutefois, la qualité des infrastructures ne suit pas toujours. Des gares comme Lille-Europe ou Nantes-Haluchère peinent à retrouver leur fréquentation prépandémie, pénalisées par un niveau d’équipement insuffisant. L’ART met en garde : une mauvaise expérience en gare pourrait freiner l’essor de ce mode de transport.
La question de la gare de Bercy-Seine, point névralgique du réseau parisien, reste également en suspens. Sa fermeture annoncée par la Ville de Paris pousse l’ART à chercher activement des solutions alternatives, tant son rôle est jugé essentiel.
Une offre en plein essor, mais une ponctualité en recul
Côté offre, 2024 enregistre un record de 830 départs quotidiens, totalisant 120 millions d’autocars.km. La fréquentation domestique grimpe de 14 % en un an, pour atteindre 11 millions de passagers. En tout, 18 millions de voyageurs ont été transportés, dépassant largement les niveaux de 2019.
Mais tout n’est pas rose : près d’un quart des autocars ont accusé plus de 15 minutes de retard en 2024, un chiffre bien au-dessus de celui des trains (10 % pour les TGV, 16 % pour les Intercités). Ce point noir pourrait nuire à l’image du service.
Un mode de transport économique et écologique
Avec un prix moyen de 6 € pour 100 km en liaisons domestiques – en baisse de 5 % malgré une inflation positive –, le car reste le mode de transport collectif le plus abordable. Les recettes atteignent tout de même 181 millions d’euros, tirées par la hausse du trafic.
L’ART insiste également sur les vertus environnementales du car : 15 000 tonnes de CO₂ économisées chaque année, des émissions inférieures à 20 g de CO₂ par passager.km – bien en dessous des trains thermiques.
10 ans de régulation et une concurrence stimulante
Ce rapport marque également 10 ans de régulation des services de moins de 100 km. Seules 7 % des 2 000 nouvelles liaisons ont fait l’objet d’un contrôle approfondi. La majorité a été autorisée, leur impact sur les transports conventionnés étant jugé mineur.
La concurrence s’intensifie : 94 % des passagers empruntent des liaisons domestiques où plusieurs opérateurs sont présents, une dynamique qui favorise l’amélioration de l’offre, selon l’ART.
Le car longue distance séduit toujours plus de Français en 2024. Si le prix et l’impact carbone jouent en sa faveur, l’état des gares et la ponctualité restent les défis à relever pour consolider cette croissance.
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