Selon une nouvelle étude du CNR, le secteur du transport routier de marchandises (TRM) slovaque traverse une phase de profondes transformations, pris en étau entre une croissance économique contrastée et une pénurie de main-d’œuvre qui pèse lourdement sur ses coûts d’exploitation.
Une inflation qui freine l’élan économique
L’économie slovaque, bien qu’appuyée par une solide performance de l’industrie automobile (+22,4 % en 2022), subit un net ralentissement en raison d’une inflation record, culminant à 12,8 % en 2022. Cette situation pèse sur l’ensemble des secteurs, y compris le TRM, qui a vu son coût au kilomètre augmenter de 29 % entre 2019 et 2022. Cette hausse s’explique par l’envolée du coût des conducteurs, du carburant, des véhicules et de leur maintenance.
Une activité tournée vers l’international
Le TRM slovaque s’appuie principalement sur l’international, qui représente plus de 80 % de son activité. Les axes logistiques se concentrent autour de la D1, autoroute stratégique reliant les principaux pôles industriels du pays. Très présent en Europe centrale, le pavillon slovaque dessert régulièrement des marchés comme l’Autriche, l’Allemagne, le Benelux ou encore le nord de l’Italie. Les industries métallurgiques et automobiles figurent parmi les principaux donneurs d’ordre. Notons que les flux entre pays tiers comptent pour plus de 30 % de l’activité.
Un secteur en mutation face à la pression sociale
La raréfaction des chauffeurs oblige les transporteurs à revoir leurs politiques salariales. Si les indemnités de déplacement atteignent leur plafond légal, le salaire de base d’un conducteur international grimpe désormais à 1 280 € brut mensuel, soit un niveau similaire à celui de l’Espagne pré-Covid. Entre 2019 et 2022, le coût horaire de ces conducteurs a bondi de 23 %, signe d’une revalorisation progressive du métier.
Le cabotage en recul
En parallèle, le cabotage effectué par les transporteurs slovaques perd du terrain depuis 2017, en grande partie à cause du durcissement des contrôles en Autriche et en Allemagne. Cette activité ne représente plus que 3 % du TRM slovaque.
Face à ces défis, les transporteurs slovaques s’organisent. Les fédérations professionnelles encouragent l’adoption de mécanismes d’indexation sur les prix du carburant et relancent les discussions autour d’une convention collective sectorielle. Autant d’initiatives qui témoignent d’une volonté de structuration et de montée en gamme d’un secteur longtemps perçu comme à bas coût en Europe.
Le TRM slovaque évolue donc dans un environnement complexe, entre inflation persistante, mutation salariale et repositionnement stratégique. Ces adaptations pourraient bien redéfinir son rôle sur la scène européenne dans les années à venir.
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