Le rapport d’activité de la FNTV 2023-2024 qui adopte un format magazine intitulé Destination Futur reflète les avancées et préoccupations de la fédération patronale. Malgré quelques signes de ralentissement, « la santé du secteur (transport de voyageurs) s’est améliorée ».
Le rapport d’activité de la FNTV change de forme et se veut plus didactique. Se présentant comme un magazine de presse intitulé Destination Futur, il passe plusieurs messages qui prouvent que le secteur du transport de voyageurs a de nombreux sujets communs avec celui du transport routier de marchandises.
Ainsi Jean-Sébastien Barrault, président de la FNTV -renouvelé dans son mandat- évoque l’économie du transport de voyageurs en ces termes : « La santé du secteur s’est améliorée par rapport à 2022, où les effets de la crise sanitaire étaient encore vivaces (…) On observe en 2024, quelques signes de ralentissement. Notre secteur ne doit pas tomber dans les erreurs du passé en se livrant, par exemple, à une guerre des prix. »
Les finances des entreprises sont également à l’ordre du jour via l’annulation des redressements URSSAF par la Direction générale du travail[1] (des litiges liés aux réductions de charge Fillon sur les temps partiels). Le passage forcé à l’électrification, ou l’obligation de création d’ombrières photovoltaïques, aura aussi de lourdes répercussions financières.
Jean-Sébastien Barrault, comme d’autres représentants de fédérations patronales, plaide pour un vrai mix énergétique : « L’électricité y aura une part substantielle, mais nous devons aussi pouvoir intégrer d’autres biocarburants, comme le biogaz le HVO ou le B100. Ma préoccupation est de faire reconnaître ce mix énergétique et de permettre aux entreprises de financer la transition énergétique de leurs parcs ».
Le dogmatisme affiché par certaines officines de lobbying (de filière ou « ONG »), dans les couloirs de ministère ou au sein de certaines municipalités, est plus ou moins directement dénoncé. L’exemple de la Mairie de Paris avec sa ZTL excluant les autocars de tourisme (reportée in-extrémis après les JO 2024) est clairement évoqué dans le document. La fermeture par la SAEMES (donc par la Mairie de Paris) de l’accès aux autocars SLO[2] à la gare routière de Paris-Bercy est un autre motif d’inquiétude pour la FNTV.
Les Ressources Humaines au cœur des enjeux
Le sujet de la pyramide des âges des entreprises est une autre source de préoccupations : le recrutement des jeunes, avec l’abaissement de l’âge à 18 ans pour le permis D[3] et la création avec l’Education nationale d’un CAP Conducteur agent d’accueil en autobus et autocar. On peut toutefois regretter l’abandon par cette même Education Nationale, et dans l’indifférence générale, du BAC Pro dédié au transport de voyageurs.
À l’opposé générationnel, la FNTV se félicite de l’accord signé avec les partenaires sociaux autour du Congé de fin d’activité. Un CFA qui était remis en cause avec la dernière réforme des retraites de 2023. Sur le sujet des permis, les temps de délivrance des titres font toujours l’objet de critiques (dont trm24.fr a témoigné https://www.trm24.fr/tribune-de-jean-philippe-pastre-quand-letat-entretient-la-penurie-de-conducteurs/ ).
Yves Plessis, référent chargé de la formation professionnelles à la FNTV, renouvelle le souhait de voir se créer un « certificat provisoire de conduite » pour les candidats ayant réussi leur Titre pro. Une mesure qui faciliterait l’habillage des services scolaires, toujours en tension (65% des adhérents déclarant souffrir de vacances de postes pour le transport scolaire).
Sur ce point, le statut de Conducteur Période Scolaire (CPS) a fait l’objet de révisions bienvenues : un contrat CPS peut demander à passer en temps partiel annualisé avec un minimum de 800 heures de travail par an. La question des salaires, des frais de déplacements et le statut même des conducteurs faisant, selon la FNTV, l’objet de revalorisations validées par les partenaires sociaux. Luc Deroche, Président de la commission sociale et formation à la FNTV revendiquant neuf accords de branche signés en 2023.
[1] Via une mise à jour de la rubrique sur les allègements généraux au Bulletin officiel de la Sécurité sociale de novembre 2023.
[2] SLO Services Librement Organisés plus connus sous le nom de « cars Macron ».
[3] Une mesure consacrée par la publication d’un décret signé le 30 avril 2021.
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