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Transport routier : le gouvernement accélère sur les aides et durcit l’indexation des prix

Face à l’envolée des coûts de l’énergie provoquée par les tensions au Moyen-Orient, le ministre des Transports, Philippe Tabarot, a réuni les fédérations du secteur routier le 13 octobre. Le ministre confirme le versement accéléré des aides de trésorerie et un tour de vis réglementaire pour contraindre les donneurs d’ordre à appliquer la répercussion des prix du carburant.

Le secteur du transport routier de marchandises et de personnes retient son souffle, mais le Gouvernement entend marquer le coup. Alors que l’énergie représente une part prépondérante des coûts d’exploitation des transporteurs, l’exécutif a confirmé un effort financier sans précédent. Plus de 200 millions d’euros sont mobilisés pour soutenir les trésoreries fragilisées, faisant du transport le premier secteur bénéficiaire des aides carburants en volume.

Un calendrier de versements accéléré

Sur le terrain, les règlements s’accélèrent. Au 12 octobre, 74 millions d’euros avaient déjà été versés à plus de 12 000 entreprises, soldant la totalité de la première vague d’aides pour les dossiers complets.

Pour les étapes suivantes, l’Agence de Services et de Paiements (ASP) passe à la vitesse supérieure avec à la fin octobre les intégrations et règlements complets des dossiers validés au titre de la vague 2 et fin novembre le versement final de l’ensemble des aides pour tous les dossiers complets déposés à ce jour (vague 3).

Tolérance zéro sur l’indexation obligatoire

Au-delà de l’urgence financière, le Gouvernement s’attaque au problème structurel des marges du secteur. Si l’indexation des tarifs du transport sur le prix de l’énergie est une obligation légale, de nombreuses TPE peinent encore à l’imposer à leurs clients.

Pour y remédier, plusieurs annonces phares ont été faites :

  1. Clarification des règles : Une instruction officielle publiée d’ici fin octobre listera et interdéterminera les pratiques abusives constatées chez certains donneurs d’ordre (clauses de lissage, tunnels, franchises).
  2. Sanctions durcies et simplifiées : Une modification législative remplacera les sanctions pénales par des sanctions administratives délivrées directement par les préfectures. À la clé, des amendes pouvant atteindre 90 000 € pour une personne physique et 450 000 € pour une personne morale.
  3. Extension au transport occasionnel : Le transport de voyageurs (sorties scolaires, tourisme) sera désormais couvert par ce mécanisme.
  4. Generalisation des indices CNR : Un groupe de travail rendra ses propositions début décembre pour imposer l’utilisation des indices du Comité National Routier dans tous les futurs contrats.

Les contrôles de la DGCCRF, déjà intensifiés depuis le printemps avec plus de 111 interventions et une trentaine de procédures initiées, vont encore monter d’un cran.

Un ballon d’oxygène à la pompe

Enfin, pour offrir un soulagement immédiat, le Premier ministre a annoncé la mise sur le marché de 10 millions de barils de gazole issus des réserves stratégiques sur trois mois. Dès le 1er novembre, cette mesure doit faire baisser le prix à la pompe et à la cuve de près de 18 centimes par litre, sous l’œil vigilant de la répression des fraudes.

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