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Vœux OTRE : Alexis Gibergues demande au monde agricole de dialoguer

Lors des vœux hier soir à Paris, Alexis Gibergues, président de l’OTRE, s’est adressé au monde agricole lui demandant de « construire des canaux de dialogue pour éviter l’escalade et préserver la circulation » faisant référence aux blocages de camions. Les sujets comme les propositions sur le transport de voyageurs n’ont pas manqué lors de son discours.

Des luttes partagées

L’OTRE avait rapidement exprimé son mécontentement dès les premiers barrages de poids lourds, puis plus récemment face aux dégradations de véhicules survenues lors de certaines mobilisations agricoles. Toutefois, Alexis Gibergues a aussi insisté hier soir sur l’existence de « combats communs » entre les professionnels du transport routier et ceux de l’agriculture. Il a cité, entre autres, la fiscalité sur les carburants, la concurrence déloyale, l’accumulation des normes, la défense des productions française et européenne, ainsi que l’insuffisance des contrôles en matière de pratiques concurrentielles.

La loi-cadre à encadrer

Le président de l’OTRE a affiché de fortes attentes concernant la future loi-cadre Transports. Selon lui, celle-ci ne doit pas se limiter à une approche technocratique ou budgétaire, mais constituer un véritable levier de compétitivité, de souveraineté et d’équité économique pour la profession. Il a assuré que l’organisation ferait entendre la voix du transport routier de marchandises (TRM) comme celle du transport routier de voyageurs (TRV), particulièrement concernés par ce futur texte.

Une évolution du code des transports réclamée

Alexis Gibergues a également plaidé pour la fin des « prix anormalement bas », appelant à une modification du code des transports afin de mieux identifier et sanctionner les tarifs qui ne couvrent pas les coûts incompressibles. « On ne peut pas exiger à la fois sécurité, qualité et transition écologique tout en acceptant des conditions de marché qui conduisent à l’asphyxie économique », a-t-il déclaré.

Sur la question de la décarbonation du transport routier, il a demandé la mise en place de « trajectoires réalistes, adaptées aux PME » représentées par l’OTRE. Il a mis en garde contre une « écologie punitive » qui, selon lui, génère davantage de découragement et de colère que de résultats, faisant notamment référence aux futures écotaxes régionales.

Les ZFE : une position nuancée

La position de l’OTRE sur les zones à faibles émissions (ZFE) a suscité la surprise. Son président a indiqué ne pas s’y opposer par principe, tout en précisant qu’elles ne peuvent être efficaces que « si elles sont pragmatiques, progressives, accompagnées, et compatibles avec la réalité des flottes des TPE-PME et des artisans. Sinon, elles deviennent une machine à exclure et à opposer ».

À l’occasion des vœux 2026 hier soir, signature d’une charte entre l’OTRE et la Garde nationale dans le cadre de la réserve opérationnelle.

Le transport de voyageurs au cœur des propositions

Dans son discours, Alexis Gibergues a présenté plusieurs propositions concernant le transport de voyageurs. Il a souligné, dans le cadre du projet de loi-cadre, l’importance des services express régionaux métropolitains (SERM), qui doivent s’appuyer sur deux piliers complémentaires : « le ferroviaire, bien sûr, mais aussi les autocars, appelés à jouer un rôle clé dans ce dispositif ». Il a estimé nécessaire de développer de nouvelles lignes routières par autocar afin de désenclaver les territoires ruraux et de renforcer le réseau interurbain.

Par ailleurs, il a appelé à l’élaboration d’un plan ambitieux dédié au développement, à l’aménagement et à la sécurisation des gares routières, avec un accent particulier mis sur l’amélioration de la qualité de l’accueil et des services aux usagers.

Enfin, il a salué l’esprit du plan JOANA, qui regroupe plusieurs mesures destinées à renforcer la sécurité du transport scolaire à la suite de l’accident survenu à Châteaudun le jeudi 30 janvier 2025, ayant coûté la vie à une lycéenne, Joana. La mesure centrale de ce plan prévoit la réalisation d’au moins un dépistage aléatoire annuel par conducteur afin de détecter la consommation de substances susceptibles d’altérer les capacités de conduite.

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