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Pour AddSecure, les caméras embarquées incarnent des outils de protection et de pédagogie

AddSecure se positionne comme le principal fournisseur de solutions de connectivité IoT sécurisées pour les transporteurs en Europe depuis une trentaine d’années. Ancré dans les réalités actuelles de ses plus de 600 clients, le groupe d’origine suédoise, dont la Business Unit Transport représente un effectif de 450 personnes et 65 millions d’euros de chiffre d’affaires, sait combien les caméras embarquées façonneront le monde de demain, et ce dès aujourd’hui. Rencontre avec Olivier Datry, vice-president South West Europe chez AddSecure Smart Transport.

Olivier Datry, Vice President Southern Europe de AddSecure Smart Transport

Comment, quand et pourquoi AddSecure a développé des solutions de caméras intelligentes embarquées pour les entreprises de transport ?

Olivier Datry :

« Cela fera 5 ans au mois d’octobre que nous faisons de la vidéo télématique avec un produit nommé RoadView Lite. À l’époque, nous étions l’un des premiers acteurs français dans le domaine alors qu’il n’y avait pas encore de caméra avec de l’intelligence artificielle. Aujourd’hui, quasiment un client sur deux est équipé sur un total de 630 clients en France soit environ 17 000 caméras embarquées, ce qui fait de nous l’un des principaux fournisseurs du marché pour les transporteurs. Une petite centaine de clients ne sont même équipés qu’en vidéo chez nous (80 précisément). »

Quelle technologie vous permet de vous démarquer de la concurrence ?

Olivier Datry :

« Pour mener à bien les premiers projets pilotes, nous avons alors fait le choix, avec notre partenaire technologique Streamax, de partir sur une caméra intelligente, simple lentille côté route. S’ajoute un capteur spécifique côté cabine qui observe seulement le visage et le tronc du chauffeur, cela afin de préserver le reste de l’espace de la cabine qui est un espace de travail et de repos du conducteur. À l’inverse d’une caméra à double lentille qui capture toute la cabine, ce capteur additionnel est visible pour assurer une transparence vis-à-vis des chauffeurs, qui sont informés de l’installation et de l’objectif du dispositif. Dès lors, en plus de limiter l’intrusion dans la vie privée des conducteurs, la simple lentille permet d’augmenter la précision de détection de la fatigue (95% contre 70% pour la double lentille). »

Quels sont les avantages qu’ont vos clients transporteurs à adopter des caméras embarquées ?

Olivier Datry :

« Nos systèmes vidéo apportent une contextualisation et une visualisation de chiffres qui peuvent être très parlants pour un chauffeur mais surtout pour son employeur. Ainsi, la caméra constitue un outil éducatif, et pas seulement en cas d’incident, mais aussi pédagogique par rapport à l’éco-conduite. Pour cause : un conducteurqui anticipe consomme moins de carburant et donc diminue son empreinte carbone tout en améliorant le comportement de conduite et la sécurité du chauffeur. Installer une caméra constitue donc un projet qui se déroule bien à condition qu’il soit correctement amené auprès des transporteurs, qui ont besoin d’être éduqués et sensibilisés à ces nouvelles technologies dont les bénéfices sont importants. Tout particulièrement du point de vue des assurances qui peuvent moduler les primes selon le niveau d’investissement des entreprises dansdes solutions sécuritaires. »

Comment AddSecure s’inscrit en adéquation avec le cadre réglementaire régissant l’installation de caméras dans les véhicules de transport ?

Olivier Datry :

« La CNIL a également formulé nombre de préconisations et notamment celle selon laquelle les données ne doivent pas sortir de la cabine. De fait, nous ne manquons jamais de prévenir le transporteur qu’il ne doit pas communiquer d’images hors de l’entreprise sans flouter le visage et la plaque d’immatriculation pour des questions d’identification. Nous conseillons aussi une approche progressive, à savoir de commencer par mettre des caméras qui regardent la route avant d’installer un système de détection de la fatigue dont on aura bien pris le temps d’expliquer le rôle sécuritaire et non de « flicage ». Par conséquent, notre solution de simple lentille n’est jamais mise en place à l’insu du chauffeur, contrairement aux caméras double lentille qui induisent que le chauffeur ne sait pas lorsqu’il est observé. Ce point nous différencie sur l’aspect ressources humaines et adhésion des chauffeurs au projet. »

Comment intégrez-vous l’IA à vos solutions de caméras embarquées ?

Olivier Datry :

« Depuis 2024, de nouvelles fonctionnalités technologiques ADAS faisant appel à l’intelligence artificielle sont arrivées sur le marché français. Une caméra IA délivrant énormément de données, nous avons développé une plateforme qui permet de traiter toutes ces données. Ainsi, il y a maintenant un an, nous avons introduit ce que nous appelons un Safety Index qui intègre tous ces paramètres, les analyse et en fait ressortir les sujets à plus haut risque. Par exemple, pour un cas d’endormissement au volant, la caméra peur détecter des endormissements répétés qui nécessiteront une analyse des causes (fatigue, stress, manque ou apnée du sommeil, etc.). L’objectif est donc de pointer les risques dans le but de faire ensuite de la prévention et non de la sanction. Le traitement de toutes ces informations de caméra permet ensuite de prendre les bonnes décisions en termes de gestion de flotte, d’élaborer un plan d’amélioration et, dans certains cas, de parler avec son collaborateur voire de l’alerter sur un souci de santé puis de l’orienter vers la médecine du travail. »

Quelles évolutions et avancées technologiques imaginez-vous dans les années à venir ?

Olivier Datry :

« C’est une question difficile car, il y a 5 ans, nous ne savions même pas que l’IA allait changer le monde. La seule chose que je peux dire c’est qu’aujourd’hui, avec les nouvelles règles de sécurité liées à la GSR2, la question qui va se poser concerne la remontée de données natives puisqu’aucune norme n’oblige les constructeurs à partager les informations qu’ils considèrent comme de l’information interne. De même, au-delà des obligations, va aussi se poser la problématique du business model et de faire payer le partage de données ou de les mettre à disposition gratuitement. En tout cas, dans le domaine du FMS, je ne connais actuellement pas un constructeur qui fournit ces datas gracieusement. 

Pour AddSecure autant que pour le secteur, l’intégration croissante de l’IA, l’interopérabilité des outils et l’évolution de l’expérience utilisateur seront aussi les principaux défis de demain. En prenant en charge de plus en plus de tâches, l’IA va transformer les métiers de l’exploitation. L’enjeu sera alors le croisement des données entre différentes applications (FMS, TMS, agenda, facturation, etc.) afin d’optimiser l’ensemble du processus de gestion de flotte. Il faut aussi anticiper une évolution vers des interfaces conversationnelles et une expérience utilisateur simplifiée, adaptée aux nouvelles générations d’exploitants et faisant de l’IA un moteur de recherche accéléré mais pas seulement. L’idée est donc qu’AddSecure soit partie prenante de cette nouvelle orientation technologique en assimilant tous ces changements mêlant monde traditionnel du transport et modernité. Avec pour objectif additionnel de rendre le métier de chauffeur plus attractif pour les jeunes générations, dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre et de renouvellement des effectifs. »

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