Le CNR publie une nouvelle étude sur le transport routier roumain. Longtemps considéré comme un pavillon à bas coûts, il connaît une profonde mutation. Le rattrapage économique du pays, son intégration progressive aux normes européennes et l’amélioration des infrastructures rapprochent le secteur des standards de l’Ouest.
Des coûts qui progressent fortement
Cette modernisation a toutefois un prix. En trois ans, le CNR estime que le coût horaire de conduite a augmenté de 14 %, tandis que le carburant a bondi de 49 % et le coût de détention des véhicules de 56 %. Ces hausses traduisent notamment l’augmentation des salaires, le renchérissement des véhicules et les nouvelles contraintes d’exploitation.
La réglementation sociale européenne contribue également à cette évolution. Le respect accru des temps de conduite et de repos réorganise le travail et réduit la productivité horaire, ce qui renchérit mécaniquement le coût du conducteur.
Le salaire, principal marqueur du rattrapage
La progression du salaire minimum illustre particulièrement bien cette évolution. Il est passé de 115 € mensuels en 2007 à 663 € en 2024, avant de dépasser 800 € en 2025. En dix-huit ans, il a donc été multiplié par sept. Les indemnités de déplacement ont elles aussi plus que doublé. Cette revalorisation vise notamment à limiter l’exode de la main-d’œuvre roumaine vers les pays d’Europe occidentale, qui fragilise depuis plusieurs années le marché du travail national.
Le secteur a également subi les conséquences de la guerre en Ukraine. Le départ de nombreux conducteurs ukrainiens a accentué les difficultés de recrutement, alors que la hausse du prix des carburants et celle des véhicules ont simultanément alourdi les charges des transporteurs.
Des infrastructures qui accompagnent le mouvement
Le développement du réseau autoroutier constitue un autre facteur de transformation. Après des années de progression lente et de débats politiques, les investissements semblent désormais s’accélérer. La modernisation ferroviaire, notamment l’électrification des lignes, participe également au désenclavement des principales villes.
Le résultat est particulièrement significatif pour le TRM : le coût kilométrique du pavillon roumain atteint 1,08 €, soit une progression de plus de 30 % en quelques années.
La Roumanie reste donc compétitive, mais son avantage fondé sur le faible coût du travail et de l’exploitation se réduit. Le pays évolue progressivement d’un modèle de transport à bas coûts vers un pavillon plus proche des standards européens, avec des entreprises plus contraintes par les coûts mais aussi par des exigences réglementaires et sociales renforcées.
Lire l’étude du CNR : Le transport routier de marchandises roumain 2024, cliquez ici
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