À l’occasion du 36e sommet franco-italien tenu le 25 juin 2026 à Antibes et au Cannet (Alpes-Maritimes), les gouvernements français et italien ont acté plusieurs avancées structurantes en matière de transports transfrontaliers. Le ministre des Transports, Philippe Tabarot, a salué une série de décisions présentées comme concrètes et orientées vers la modernisation des infrastructures alpines et méditerranéennes.
Axe Marseille–Nice–Gênes : une ambition ferroviaire européenne confirmée
Point central du sommet, la France et l’Italie ont signé une déclaration d’intention sur le développement de l’axe ferroviaire Marseille–Nice–Gênes. Intégré aux projets prioritaires du futur Mécanisme pour l’Interconnexion en Europe (2028-2034), cet axe est réaffirmé comme un maillon stratégique du réseau transeuropéen de transport.
Cette dynamique ouvre également de nouvelles perspectives de financement pour la Ligne Nouvelle Provence Côte d’Azur, appelée à transformer la desserte régionale en augmentant fortement la fréquence des trains du quotidien dans les principales métropoles du sud-est.
Tunnel de Tende : vers une exploitation à deux tubes
Autre avancée majeure, Paris et Rome ont confirmé leur engagement pour la finalisation du tunnel de Tende en deux tubes distincts. Après la mise en service du nouveau tube en 2025, l’appel d’offres pour la rénovation du tunnel historique doit être lancé à l’été 2026.
À terme, cette configuration doit mettre fin à la circulation alternée et renforcer à la fois la sécurité et la fluidité des échanges entre la vallée de la Roya et l’Italie, sur un axe fréquenté par plusieurs milliers de véhicules quotidiens avant les perturbations liées à la tempête Alex.
Ligne Coni–Breil–Vintimille : modernisation et montée en performance
Dans la continuité des engagements bilatéraux, les deux États ont évoqué la modernisation de la ligne ferroviaire Coni–Breil–Vintimille. L’objectif affiché est d’atteindre une vitesse d’exploitation de 80 km/h à l’horizon 2030, accompagnée d’une amélioration de l’offre et de la qualité de service.
Cette dynamique intervient après l’entrée en vigueur d’une nouvelle convention d’exploitation, renforçant la coopération technique et financière entre les deux pays.
Autoroute ferroviaire alpine : une relance stratégique pour le fret
Le sommet a également officialisé la relance de l’Autoroute ferroviaire alpine entre Aiton et Orbassano. Interrompu depuis 2023, ce dispositif avait permis pendant deux décennies le transfert de dizaines de milliers de poids lourds de la route vers le rail chaque année.
Après validation d’un régime d’aides par la Commission européenne, un appel à projets sera prochainement lancé pour désigner un nouvel opérateur. L’objectif est clair : accélérer le report modal et réduire les émissions de gaz à effet de serre dans les vallées alpines.
Lyon–Turin : un chantier transalpin toujours en progression
Enfin, la France et l’Italie ont réaffirmé leur soutien au projet ferroviaire Lyon–Turin, infrastructure majeure pour le transport de marchandises en Europe. Le chantier poursuit son avancée avec près de 50 kilomètres de galeries déjà creusés, et une mise en service toujours prévue à l’horizon 2033.
Dans un contexte de transition écologique et de renforcement des échanges économiques, ce sommet s’inscrit dans la continuité du Traité du Quirinal. Les deux gouvernements affichent une volonté commune : accélérer la modernisation des infrastructures transfrontalières et favoriser le report vers des modes de transport plus durables.
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