Actu

Bilan de l’expérimentation de livraisons silencieuses

La Ville de Paris, le Club Déméter, Bruitparif et Certibruit ont présenté le bilan de l’expérimentation des livraisons en horaires décalés dans le 13e arrondissement de la capitale. Elle a permis d’obtenir moins 8 % en moyenne d’émissions de gaz à effet de serre (GES) et moins 18 % de congestion en ville.

La Ville de Paris a adopté en mars 2018 au Conseil de Paris un double dispositif d’aides économiques aux entreprises visant à subventionner l’achat de véhicules aux normes Piek et à améliorer les aménagements en magasin. Elle mène ce pilote de livraisons à horaires décalés (tard le soir, tôt le matin) afin d’en évaluer les atouts et les limites dans une optique de déploiement à plus grande échelle sur l’ensemble du territoire parisien, tout en limitant les nuisances pour les différents usagers et riverains.

Cette expérimentation a été conduite collectivement, dans un partenariat public/privé. Ont participé Auchan, Biocoop, Carrefour Market et City, Martin Brower, Naturalia et Monoprix, Casino, librairie Jonas, Picard, cafés hôtels et restaurants, soit 162 points de vente qui met en exergue 635 livraisons hebdomadaires, dont 30 % en horaires décalés (entre 22h00 et 07h00). Les poids lourds utilisés sont tous à énergies alternatives (biométhane, B100, GNC) et répondent aux normes PIEK.

Concernant les résultats des campagnes de mesures de bruit (Certibruit), les mesures permettent de mettre en avant que les pics liés aux opérations de livraisons sont, en nombre, beaucoup moins nombreux que les pics sonores liés à l’environnement urbain extérieur, et atteignent des niveaux sonores bien inférieurs (ex : 69 décibels pour l’arrivée du camion sur le pdv vs 90 décibels via le passage d’une sirène) Ces mesures ont également permis de constater que tous les conducteurs et les réceptionnaires lors des mesures étaient sensibilisés aux respects de la chaine du silence.

Bruitparif : Les méduses ont permis de caractériser les modifications apportées à l’environnement sonore lors d’un grand nombre de livraisons à horaires décalés et de les comparer aux observations effectuées lors des autres livraisons. Si le bilan s’avère positif pour les deux sites quant à la bonne maîtrise des bruits lors des livraisons à horaires décalés, les niveaux sonores y étant en moyenne réduits de 2 à 3 dB(A) par rapport aux niveaux observés lors des livraisons non décalées, il est plus mitigé en ce qui concerne l’impact potentiel pour les populations riveraines.

La remontée de données opérationnelles des entreprises du pilote (distances moyennes, tailles des véhicules, énergies, temps d’arrêt livraison, conso carburant, m2 utilisés, temps de la tournée) nous ont permis de faire des modélisations d’impacts sur les gaz à effets de serre et sur la congestion.

Sur la base de ces données comparatives jour/nuit, on constate en moyenne un temps de tournée diminué d’une heure en livraison de nuit (5h35 nuit vs 6h30 jour), une durée moyenne d’arrêt pour opérer le déchargement raccourcie d’environ 10 minutes (43m nuit vs 51m jour) et une consommation des véhicules légèrement réduite.

Résultats : moins 8 % d’émissions de GES –calculée sur la base des données réelles de consommation de carburant et celle des groupes froids. (avec un temps de tournée réduit, le groupe froid et le véhicule fonctionnent moins longtemps) et moins de 18 % de congestion justifiée par la diminution du temps de présence en ville des véhicules. La pollution de l’air (Nox et particules) a été regardée, en revanche, du fait des tailles de véhicules, énergies, et distances équivalentes, aucun gain chiffré ne peut être mesuré. Cependant, on sait aujourd’hui que les particules générées pas l’usure des freins et des pneus des véhicules représentent une part importante des émissions. De ce fait, la réduction de la congestion et in fine de la sollicitation des freins dans les embouteillages permettent d’annoncer une certaine amélioration, non quantifiable.

Hervé Rébillon
Les derniers articles par Hervé Rébillon (tout voir)