
La réputation de robustesse de Berliet s’est constituée à travers plusieurs modèles, le premier de ceux-ci ayant été le Berliet CBA. Ses titres de gloire furent acquis au cours de la Première guerre mondiale.
Un ancêtre glorieux
Le Berliet CBA est peut-être oublié aujourd’hui puisque né en 1913, mais il fut une référence dans la classe de 3 à 4 tonnes de charge utile pendant plus de 15 ans. Sa réputation fut consacrée lors de la première guerre mondiale lors des batailles de 1916 où il fut un des protagonistes de la Voie Sacrée lors de la défense de Verdun. Plus de 3500 d’entre eux y furent utilisés. Signe avant-coureur de cette carrière sous les drapeaux, il fut primé aux concours militaires de 1913 et 1914.
Sa rusticité était associée à une grande robustesse qui le rendait très peu sensible à la surcharge, un autre argument décisif pour les chantiers … ou la logistique militaire en temps de guerre. La puissance de son moteur type Z, à 4 cylindres jumelés de 5320cm3, était de 22ch à l’origine. La transmission primaire était à 4 rapports avant et une marche arrière et disposait de son différentiel intégré.
D’une certaine manière, comme le rappelle la Fondation de l’Automobile M.Berliet, cet ensemble préfigurait les boîte-pont des automobiles modernes. La transmission secondaire étant assurée par chaînes. Le freinage était, comme de coutume à l’époque assuré par des tambours à l’arrière et un troisième tambour accolé au carter de différentiel. Autre détail trahissant l’âge de la conception de ce camion, il était doté de bandages pleins.

De la boue au béton
Malgré son refroidissement liquide, le Berliet CBA était une machine réputée increvable et plusieurs dizaines de milliers en furent utilisés par l’armée. Mais cette gloire allait vite poser problème aux Automobiles M.Berliet une fois la paix revenue : les innombrables véhicules réformés, et la concurrence des camions américains fabriqués en grande série, allaient handicaper la vente de camions neufs.
Entre 1919 et 1932, le Berliet CBA allait cependant poursuivre sa carrière pour certaines missions difficiles, comme la construction. Sa facilité de carrossage était également appréciée au point qu’on le vit également servir comme camion de collecte d’ordures ménagères, ou bien comme véhicule de sapeurs-pompiers. La vitesse maximale limitée (20 à 25km/h), la transmission par chaînes et les bandages pleins allaient toutefois le pénaliser au cours des années 1920 et le rendre franchement obsolète au début des années 1930.
Il contribua toutefois à l’image de marque de Berliet et fit prendre conscience aux autorités militaires que les camions pouvaient jouer un rôle décisif en matière de logistique.







