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Camions mythiques : la dynastie Mercedes-Benz Actros fête ses 30 ans

Le Mercedes-Benz Actros de première génération (alias MP1) fête ses 30 ans. Véritable révolution par rapport aux Mercedes-Benz NG et SK précédents, il marquait l’arrivée massive de l’électronique à bord, pour le meilleur et pour le pire. Il préfigurait par ses fonctionnalités nos camions d’aujourd’hui.

Naissance en 1996

Le Mercedes-Benz Actros de 1ère génération apparait lors du salon IAA Nutzfahrzeuge 1996. La grande nouveauté porte sur la cabine, entièrement nouvelle, elle est disponible dans une version à plancher plat (moyennant une surélévation se traduisant par une marche supplémentaire), c’est la fameuse Megaspace. C’est la réponse de la Daimler-Benz au Renault AE Magnum de Renault Véhicules Industriels.

La communication de la marque mettait l’accent sur le centrale électronique Telligent qui supervisait à la fois les intervalles de maintenance, la gestion du moteur, de la boîte de vitesses présélective semi-automatique EPS et du système de freinage. Ceci était rendu possible par le réseau électronique CAN-Bus.

Au lancement, l’Actros MP1 génèrera quelques belles batailles en après-vente, la fiabilité n’étant pas franchement au niveau auquel la marque avait habitué ses clients. Comme chez Iveco avec les EuroTech et EuroStar avant lui, l’Actros allait pâtir d’une fiabilité très aléatoire du fait de l’abondance d’électronique.

Côté motorisations, la marque misait sur une architecture bien connue depuis 1969 : les moteurs en V à refroidissement liquide. Dans la série OM501LA -les V6 de 12 litres de cylindrée- ils développent de 313 à 428ch tandis que les V8 de 16 litres de cylindrée appelés OM502LA culminent à l’époque du lancement à 571ch. Dotés de quatre soupapes par cylindre, ils disposent d’une « cinquième soupape » pour accroître les performances du frein moteur. Le lancement se fait sous les exigences des normes antipollution Euro II. Celles-ci imposent un contrôle de plus en plus fin de l’injection de carburant requérant de fait un recours accru à l’électronique, ce qui explique les développements autour du système centralisé Telligent. En fait les moteurs sont déjà pensés dans la perspective d’Euro III.

Le Mercedes-Benz Actros 1843 LS.

Oser la couleur

L’innovation, c’était aussi des couleurs censées être plus joyeuses que celles habituellement utilisées par la marque ce qui nous a valu des selleries quelque peu bariolées. Sans oublier une utilisation de plastiques brillants pour la planche de bord et un accastillage intérieur cultivant les nuances gris-bleu rappelant les premiers Renault Kangoo contemporains. Peu valorisants, ces choix de couleurs et matières vont vite être corrigés et seront remplacés en 1999. Cela précède l’arrivée de nouvelles fonctions électroniques, toujours sous la supervision du réseau CAN-Bus Telligent. On voit ainsi apparaître, peu de temps avant l’apparition de l’Actros de 2ème géénration (dit MP2) le régulateur de distance Telligent (aujourd’hui appelé ACC ou régulateur de vitesse adaptatif) et l’ESP.

Entre-temps les Mercedes-Benz Actros TP ont pris le relais de la gamme SK chantier en 1997. Différence notable, ici plus de cabine Megaspace ni de commande de boîte semi-automatique Telligent (alias EPS) mais plus classiquement une commande manuelle à assistance pneumatique (appelée HPS). Une source potentielle de pannes en moins, et surtout, une adaptation au monde réputé très traditionnaliste du chantier et des TP. Très controversé, en particulier en raison de ses débuts douloureux en termes de fiabilité, l’Actros MP1 sera remplacé en 2002 par la génération MP2 qui va réellement ancrer la famille Actros vers la voie du succès.

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