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Ce que dit le rapport RSE 2022 de Chéreau

Le carrossier-constructeur Chéreau publie dans une version publique son rapport RSE (Responsabilité sociale et environnementale des entreprises). On y découvre qu’en 2022 l’entreprise d’Avranches (Manche) a terminé une première phase d’investissements dans l’automatisation de son atelier de menuiserie.

Ainsi une machine à commande numérique assure-t-telle désormais seule le chargement et la découpe des modules de mousse polyuréthane. Mais cela va plus loin que la seule découpe puisque l’automate prépare les éléments et les identifie avant que ceux-ci soient convoyés en bord de ligne. Une méthode que l’on retrouve dans l’industrie automobile.

L’option Chéreau Performance VIP (modules sous vide insérés dans les panneaux) voit sa capacité de production accrue pour 2023 (cela a représenté une quinzaine de véhicules en 2022). Le groupe annonce une chaîne numérique complète pour 2023 dans ses ateliers. Les méthodes en peinture ont été optimisées pour limiter le temps d’utilisation des étuves. Pour limiter la consommation d’énergie, des compartimentages ont été mis en place dans les bâtiments de production.

Damien Destremeau à la tête de Chéreau avait évoqué début 2022 à trm24.fr la difficulté d’ajuster les prix de vente aux fluctuations des prix des composants, de l’énergie et de l’inflation générale. Dans le rapport RSE de l’entreprise, on découvre que Chéreau a trouvé une solution d’indexation qui soit accessible et impartiale pour toutes les parties : l’indice Eurostat de la production industrielle en France, révisé mensuellement.

Le rapport révèle que « nous savions que nous allions à l’encontre de deux de nos engagements client, mais nous n’avions pas le choix. Le manque à gagner sur l’exploitation aurait substantiellement remis en cause notre capacité d’autofinancement, en particulier pour assurer tous les investissements nécessaires face à la transition énergétique en cours ». Un moment visiblement difficile à vivre pour les forces de vente. Malgré la compréhension des clients, la situation demeure tendue : « jamais depuis ces dernières années nous n’avons réalisé un résultat annuel aussi faible, malgré des efforts sans précédent ». Les retards ont également affecté le projet Hygo (qui implique les clients Delanchy et STEF) puisqu’en l’absence de station d’avitaillement en dihydrogène à Vannes celui-ci est reporté à la fin de ce premier semestre 2023. Toujours à propos d’hydrogène et de véhicules électriques à batteries, l’entrée en production de véhicules « nouvelles énergies » a induit la réalisation d’un hall classé zone ATEX (bâtiment appelé C-lab dans l’usine d’Avranches).

Naviguer en mer agitée

Le rapport RSE 2022 de Chéreau confirme que la carrosserie française subit, elle aussi, les ruptures d’approvisionnements : « Nous avons eu tout au long de l’année un important stock de véhicules incomplets en attente de finition et de très nombreuses livraisons ont été retardées ». Une bonne nouvelle toutefois : l’usine n’a jamais cessé de fonctionner. On devine dans le texte que cela a conduit à quelques acrobaties pour les équipes de planification et de production. Côté recrutements, la féminisation de l’effectif demeure un sujet d’actualité. De 8% de femmes en 2019, l’entreprise est passée à 12.15% en 2022. Pas de clichés ici : en mai 2022 le métier de soudeur a été présenté à de potentielles candidates. Cela conforte l’autre priorité affichée qui est de « faciliter l’accès aux postes de travail ». Cela joue autant sur les critères d’ergonomie que d’attractivité. Vaste chantier pour la direction des ressources humaines !

De manière générale, face à la pyramide des âges de la France, l’ouverture aux recrutements féminins dans tous les corps de métiers devient indispensable. L’organisation interne a évolué : au sein du département R&D un « pôle 3E » (électricité, électronique embarquée) a été créé. Deux autres entités internes de R&D ont été constituées : une dite « mécanique » et une dite « calcul ».

Coté innovation produit, les tests de semi-remorques « hybrides » avec essieu à récupération d’énergie cinétique ont été concluants : « pour un usage en froid positif, les tests ont montré qu’il n’y avait pas besoin de recourir au [groupe] Diesel. Pour un usage en froid négatif, en plein été dans le Sud de la France (…) le système électrique a réussi à couvrir 70% du besoin énergétique ». Les économies de consommation d’énergie avec l’option Performance VIP sont conformes aux gains de coefficient d’isolation certifiés par le Cemafroid. Ces innovations (comme l’Aeroflap) feront à terme l’objet d’une fiche de Certificat d’économie d‘énergie (les fameux CEE) pour les clients. La pression due à la flambée des prix de l’énergie a eu une conséquence heureuse : l’atteinte dès 2022 des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre prévus en 2026 !