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Crise pétrolière : des premiers camions à l’arrêt

Ce que beaucoup redoutaient se produit : certaines entreprises de transport sont contraintes d’immobiliser leurs poids lourds pour éviter de rouler à perte. La FNTR alerte sur une dégradation rapide de la situation : le secteur du transport routier est aujourd’hui en grande fragilité, et certaines entreprises sont proches du dépôt de bilan.

Des aides annoncées mais toujours inexistantes

Les fédérations critiquent la mise en œuvre d’un dispositif d’aides au carburant destiné aux entreprises de transport, présenté comme équivalent à une baisse de 20 centimes par litre mais toujours non opérationnel plusieurs semaines après son annonce. Aucun bénéficiaire n’a pu en profiter, ce qui met en évidence un retard administratif et une absence de traduction concrète des mesures sur le terrain.

Elles insistent également sur le manque de transparence des modalités d’accès, le guichet n’étant pas ouvert et les conditions d’éligibilité restant floues. Cette situation entretient une forte incertitude pour les entreprises, déjà fragilisées par les coûts du carburant.

Enfin, le prêt « flash carburant » de Bpifrance est présenté comme une réponse insuffisante et critiquée par la FNTR, car il s’agit d’un mécanisme d’endettement jugé inadapté à une urgence de trésorerie et peu compétitif en termes de taux.

Une transition énergétique jugée déconnectée de l’urgence

La FNTR estime que le plan d’électrification du gouvernement ne répond pas à la situation actuelle. Vouloir basculer rapidement vers le tout électrique, sans solutions transitoires ni soutien massif adapté aux réalités du terrain, risque selon elle de fragiliser encore davantage les entreprises.

De son côté, l’OTRE accueille ces annonces plus favorablement. Son délégué général, Jean-Marc Rivera, considère qu’elles vont dans le bon sens en reconnaissant la nécessité d’un soutien massif et durable pour accompagner la transition énergétique.

L’organisation souligne notamment les aides à l’acquisition de véhicules utilitaires et de poids lourds, pouvant atteindre jusqu’à 100 000 € par véhicule. Ces dispositifs répondent à une demande forte du secteur et s’inscrivent dans leur stratégie d’électrification, notamment via la bonification des certificats d’économies d’énergie (CEE). Ils peuvent également se cumuler avec l’aide de 15 000 € par poids lourd annoncée par le groupe EDF.

Des attentes fortes vis-à-vis du gouvernement

La FNTR appelle à des mesures à la hauteur de la crise, en particulier sur la trésorerie. Elle invite le gouvernement français à s’inspirer de certains pays européens qui interviennent directement sur les prix des carburants ou leur fiscalité.

De son côté, l’OTRE insiste sur la nécessité de garantir la stabilité et la pérennité des dispositifs de soutien afin d’assurer une transition efficace et soutenable pour les entreprises du secteur. d’offrir aux entreprises la visibilité nécessaire à leurs investissements. »

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