PEM Utilitaires

Découverte TRM24 : nous avons conduit le KIA PV5 Cargo L2H1

La marque coréenne Kia a délaissé le marché français pendant de nombreuses années. Son retour est d’autant plus spectaculaire que la firme annonce une véritable gamme électrique. Premier de cordée, le Kia PV5 Cargo L2H1en batteries M (51.5kWh) ou L (71.2kWh).

Entrée en matière réussie

Depuis le retrait du catalogue France des Kia K2700 et K2900, la firme coréenne n’avait plus sur notre sol de véhicules utilitaires. Face à la chute du marché européen des voitures particulières, et aux ambitions mondiales du groupe Hyundai/Kia, il était inéluctable que les utilitaires allaient reprendre leur place. C’est le programme PVB, reposant sur la dernière chaîne de traction développée par Kia (l’E-GMP.S) associé à trois gammes à batteries : PV5, PV7 et PV9. Ils seront tous fabriqués dans une usine appelée EVO Plant construite ad-hoc à Hwaseong.

Le premier à être commercialisé est le Kia PV5, proposé au lancement en 4.69 m de long pour 1.923 m de hauteur hors-tout. Il existe en fourgon ou châssis-cabine (déjà aménagé chez Lamberet en caisse frigo ou chez Labbé en caisse grand volume). C’est le fourgon L2H1 à motorisation dite M, facturé 33 500€ H.T qui fait l’objet de cette découverte. Kia France met en avant son rapport prix-équipement. La définition M associe un pack de batteries lithium-ion NMC de 51.5kWh de capacité réelle à un moteur de traction à refroidissement liquide (placé à l’avant) développant 89.2kW de puissance.

Notez une bizarrerie : la version L (71.2kWh disponibles), dont le moteur est poussé à 120kW, offre la même valeur de couple, soit 250Nm. Les rivaux désignés du Kia PV5 sont les Renault Kangoo E-Tech, Citroën eBerlingo et Ford E-transit Custom. Un segment qui, selon Benjamin Chemama, responsable service produit chez Kia France, est celui qui voit la part de véhicules électriques la plus élevée parmi les utilitaires légers (12% en 2024, 16% attendus en 2025, les prévisions de Dataneo France portant sur 25% en 2026).  La firme déclare vouloir « inaugurer l’ère des smartphones sur roues » (sic) ce qui explique la présence à bord de vastes écrans, du système d’exploitation Android Automotive OS et d’accès FMS pour les services de télématique et de gestion de flottes qui incluront début 2026 le portail Kia Business Solutions. Kia France a déjà identifié 57 points de vente spécialisés « PBV Center » dédiés aux utilitaires, lesquels pourront présenter les 13 carrossiers et aménageurs homologués (de Bott à Sortimo, de Jocquin à MDP, de Gruau à Stiram. Mais l’ensemble des 216 sites Kia en France pourra entretenir le PV5 Cargo.

Le volume utile du fourgon est satisfaisant et le plancher très régulier.

La conception « skateborad »

Le fourgon tôlé de base en finition Essential est livré d’office avec une porte coulissante côté droit et deux battants à l’arrière (porte gauche en option). Kia annonce une longueur au plancher (en version L2H1) de 2.255 m pour une hauteur intérieure de 1.52 m avec un seuil situé à seulement 41.9 cm du sol. Selon la méthode VDA, le volume intérieur du compartiment de chargement serait de 4.4m3. Trois remarques toutefois : la porte coulissante n’optimise pas complètement l’ouverture latérale, et les ancrages supérieurs des portes battantes arrière peuvent être extrêmement agressifs pour le crâne du livreur. Le volume de chargement ayant été privilégié, la cloison intégrale séparant celui-ci du poste de conduite pénalise l’amplitude de réglage d’inclinaison des sièges. Du fait de l’emplacement des batteries dans l’empattement, sous le plancher, ce dernier est parfaitement régulier et doté d’anneaux d’arrimages en série. Cela permet un capot très court et un porte-à-faux réduit. Si cela gène la perception de l’avant, cela facilite la maniabilité dans les manœuvres de sortie de stationnement. L’empattement long (2995 mm) contribue quant à lui à la stabilité et au confort de marche ressenti.

Kia a pensé aux frais d’entretien ou de remise en état : les pare-chocs avant et arrière sont en trois parties. Dommage qu’il n’y ait pas de protections latérales. La charge utile du modèle de prise en mains est de 790kg (la châssis-cabine ayant une charge utile, avant carrossage, de 1005 kg). La recharge se fait en courant alternatif en 11kW triphasé (le câble autorise 22kW et l’évolution est prévue à terme). La prise CCS Combo2 dans la calandre accepte également le courant continu jusqu’à 150kW. Des partenariats ont été noués entre Kia France et EDF (Izi pour l’installation de bornes, Izivia pour la conception et l’exploitation des infrastructures de recharge), la marque étant également associée avec Ionity (il est possible de souscrire un abonnement donnant droit à des tarifs de kWh préférentiels sur ce réseau). Le client peut s’abonner à Kia Charge pour bénéficier d’un tarif unique indépendamment de l’opérateur.  Lors de notre parcours, riche de déclivités, représentant un peu plus de 74 km (réalisés à 27.35 km/h de moyenne) les consommations ont oscillé entre 17kWh (à vide) et 17.6kWh (avec 300 kg de charge et deux personnes à bord). Nous avons jonglé entre le mode Normal et le mode Eco, sans trop percevoir la différence.

Un petit écran donne les informations sur l’autonomie et la conduite.

Esprit zen pour enfer Vert

Une fois trouvée l’astuce pour la mise en route (le bouton est sur le levier sélectionnant le sens de marche), ce qui saisit d’emblée est le silence. L’absence de passage de rapports magnifie la linéarité des accélérations. Celles-ci, avec 250Nm pour 1785kg (à vide) ne sont pas sensationnelles. La visibilité latérale est excellente grâce à la découpe des vitres de portes. Mais l’abord des ronds point ou intersections est handicapé par de très épais montants de pare-brise. L’ambiance intérieure est pénalisée par des plastiques sombres et sinistres de teinte gris-bleu ; mais la finition est impeccable. Le seul bruit est venu de l’appui-tête frottant contre la cloison de cabine. Celle-ci, très verticale, limite les amplitudes de réglages de dossier.

Pour l’ensemble chauffage-climatisation, sachez que la pompe à chaleur est une option sur la finition Essential (750€). L’utilisation n’est pas très intuitive puisqu’il faut passer par les menus de l’écran central de 12.9 pouces pour s’en servir. Le choix de la métropole de Lyon fut certainement fait pour illustrer la progressivité de marche dans les bouchons, lorsque le One-Pedal est désactivé, le PV5 sait ramper de lui-même ce qui est très agréable. Peut-être ce choix était-il fait pour montrer les qualités d’absorption des suspensions (ressorts hélicoïdaux sur essieu rigide à l’arrière) tant les chaussées y sont défoncées (tant par leur déliquescence que par la prolifération de travaux divers).

Sur ces deux aspects, le Kia PV5 étonne positivement, tout comme pour la largeur en cabine. Avec 300 kg de charge les suspensions sont encore meilleures et l’accord d’amortissement entre avant et arrière est alors parfait. Seul regret, une direction manquant d’information sur l’adhérence du train avant et un bizarre volant carré (qui rappelle les Austin Allegro au volant Quartic). Lorsqu’il s’agit de tourner, tout va bien, c’est le retour du volant au point milieu qui est pénalisé par cette originalité un peu gratuite. Nous n’avons pas pu, sur notre exemplaire, modifier la retenue au lever de pied ou en mode One-Pedal. Le paramètre de base correspondant peu ou prou à celui d’un utilitaire Diesel de même gabarit à moteur 2 litres. Kia a prévu pour toute la gamme des freins à disques aux quatre roues (ventilés à l’avant).

Les fameuses aides à la conduite (ADAS) n’ont pas brillé par leur pertinence, et l’affichage des vitesses limitées s’est révélé fantaisiste. Nous avons également eu quelques manifestations de susceptibilités inopportunes de l’alerte anti-collision. Désactiver ce bazar implique de passer par les menus de l’écran d’info-divertissement. Un « raccourci clavier » serait bienvenu, tout comme pour le réglage de la répartition de l’air en cabine.

D’emblée la marque se positionne au cœur du marché, y compris en termes de prestations. La concurrence est prévenue d’autant que l’équipe Kia France « ne se met aucune limite en volumes ». La lancement européen Solutrans 2025 prouve que les carrossiers sont également des relais de croissance bien identifiés par la marque. Affaire à suivre avec les nombreux développements de gamme annoncés pour 2026 … et au-delà.  

En savoir plus en photos

Image 1 parmi 16

L'épaisseur des montants de pare-brise constitue une gêne en certaines circonstances.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *