Symbole des difficultés des équipementiers européens, le groupe Forvia s’apprête à vendre ses activités historiques d’équipements habitacle et annonce 6 400 suppressions d’emplois.
A la recherche de liquidités
Le groupe Forvia, né de la fusion entre Hella et Faurecia, traverse une période difficile. La fusion a conduit à un fort endettement (6,01 milliards d’euro à la fin de 2025) et recherche activement des liquidités. Ce qui conduit à l’annonce de la vente de l’activité historique liée aux sièges et aux habitacles.
Cette cession « en phase de négociations avancées », selon Martin Fischer, directeur général de Forvia, devrait rapporter 1 milliard d’euros. Rappelons que Forvia, très présent dans l’automobile et les utilitaires légers, avait révélé en 2024 ses développements pour les habitacles de cabines de véhicules industriels. Cette réduction de la dette est jugée fondamentale pour réduire les coûts financiers. Le groupe annonce une perte nette de 2,09 milliards d’euros en 2025 (règle IFRP 5), en partie due aux charges exceptionnelles. Parmi celles-ci, la provision faite sur la dépréciation de Symbio dont forvia était actionnaire aux côtés de Michelin et Stellantis. Une dépréciation comptabilisée à hauteur de 209 millions d’euros. La division éclairage semble également mal orientée avec « des prévisions de ventes en baisse à court terme et des difficultés opérationnelles ».
Recettes classiques, avenir hypothétique
Outre la vente d’actif, le groupe a communiqué aux investisseurs sur une réduction de 28 % des dépenses d’investissement, « reflétant la rigueur sur les capex et le report de certains programmes ». Plus « une baisse de 15 % des dépenses de R&D capitalisées, principalement due à une diminution de 12 % des coûts de développement (-249 millions d’euros) tout en assurant une augmentation des dépenses d’innovation. Ces deux éléments ont représenté 6,0 % du chiffre d’affaires, contre 7,5 % en 2024 ».
Parallèlement, la communication financière met en exergue les « 63 millions d’euros de synergies réalisées grâce à FORVIA HELLA, permettant au groupe d’atteindre son objectif de 400 millions d’euros à fin 2025 » ainsi qu’une « discipline stricte en matière de coûts de production et d’exploitation (gel des embauches, restrictions de déplacement, réduction des dépenses marketing, etc.) ».
Pour autant, l’activité résiste
Un chiffre d’affaires de 26,2 milliards d’euros (stable par rapport à 2024) et une marge opérationnelle représentant 5,6% du montant des ventes (en croissance par rapport à 2024). En 2025, Forvia a enregistré un carnet de commandes de 27 milliards d’euros, contre 31 milliards d’euros en 2024, « reflétant principalement le report d’appels d’offres dans le contexte du ralentissement de l’électrification.
L’électronique a représenté 28 % du carnet de commandes total, grâce à Hella Electronics. L’Asie, dont la Chine, ont contribué pour respectivement 34 % et 28 % des prises de commandes en 2025, notamment soutenues par les constructeurs chinois. Les divisions composants électroniques (en particulier Clarion Electronics) et mobilités décarbonées (Clean Mobility) ont connu une croissance « à deux chiffres ». Mais il a fallu faire face à des effets de change négatifs (à hauteur de 797 millions d’euros) « principalement en raison du dollar américain et du yuan chinois ».







