Après avoir révélé les travaux du cabinet Beemotion en février 2024 relevant une baisse des vitesses commerciales des autobus dans différentes villes de France, la FNAUT sonne l’alarme pour les réseaux d’Ile de France Mobilités, tout particulièrement celui de la RATP.
La vitesse commerciale des autobus serait-elle la grande oubliée des politiques d’aménagement et de circulation des grandes métropoles ? On pourrait le croire tant les alertes s’accumulent sur ce sujet.
Après l’exposé fait par le cabinet Beemotion le 2 février 2024 dans les locaux de la FNAUT, la même fédération remet le sujet sur la table ce mois de mars 2025 suite à la collecte de données partielles relatives aux réseaux relevant d’Ile de France Mobilités.
Le communiqué est clair : « le service des bus à Paris et en petite couronne est globalement de moins en moins attractif depuis une dizaine d’années. La forte baisse de fréquentation (-20% entre 2019 et 2023) résulte en partie de cette moindre attractivité. Cette situation est d’autant plus regrettable que des sommes importantes ont été consacrés à ce réseau : 40 M€ d’offre avec la refonte des lignes parisiennes en 2019 et des centaines de millions pour la transition énergétique vers des bus au biogaz ou électriques. »
La FNAUT a relevé diverses causes à cette dégradation continue de la qualité de service : le stationnement illicite du fait des difficultés pour les véhicules de livraisons à trouver où se stationner, le « blocage fréquent des carrefours par des véhicules qui se sont engagés sans pouvoir dégager l’intersection » mais il y en a d’autres plus » politiques.
Des politiques publiques qui pénalisent … le transport public
L’association signale que « certains aménagements de voirie, n’ont pas été favorables aux bus. Nous réaffirmons notre soutien au développement des aménagements cyclables, dès lors qu’ils n’ont pas d’effets néfastes pour les bus. A Paris comme en banlieue, il y a eu certains cas (…), où les bus ont pâti d’un manque de vision d’ensemble des enjeux de partage de la voirie. » Parallèlement « on voit se développer des opérations de piétonisation (…) qui oublient de prendre en compte la desserte bus, créent des détours parfois pénalisants pour les usagers et augmentent les coûts d’exploitation supportés par IDFM. (…) Ces difficultés montrent que la gouvernance de la voirie n’est pas satisfaisante en Ile-de-France avec des responsabilités éclatées qui peuvent conduisent à des décisions contraires à l’intérêt général ». On ne saurait être plus clair. Mais les exploitants et autorités organisatrices ont aussi leur part de responsabilité selon la FNAUT.
L’exploitation, un levier sous-estimé
Ces politiques vexatoires de restriction de voiries viennent s’ajouter à des conditions d’exploitation pas toujours favorables aux vitesses commerciales. Ainsi, la FNAUT rappelle que la montée obligatoire « par l’avant (…) retarde la montée / descente des voyageurs sur les lignes très chargées. » Le pire c’est que d’autres réseaux de province comme Lyon qui s’y sont mis il y a une dizaine d’années, soi-disant pour réduire la fraude.
Le dernier aspect est plus technique, et prend tout son sens dans les couloirs réservés (lorsqu’il y en a encore) : « l’absence de systèmes de priorités aux feux pour les bus en Ile-de-France (sauf de rares cas comme le TVM) est regrettable alors que les technologies actuelles permettraient sans doute des gains en matière de ponctualité et de vitesse pour des couts limités ». Que des mesures de bon sens, mais pour ce seul motif, la FNAUT ne risque-t-elle pas de s’attirer les foudres de certaines associations et courants de pensée ? Rappelons que le coût de la congestion est estimé par certains experts à 300 M€ pour le réseau de bus RATP.






