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La FNTV publie les chiffres de l’activité du TRV

La FNTV, association patronale regroupant opérateurs indépendants privés et les grands groupes (Keolis, RATP Dev, Transdev, etc), vient de publier son Carnet de route 2024-2025. L’occasion de faire le point du marché du TRV qui va devoir recruter plus de 100 000 personnes.

Le transport de voyageurs, au sein de la FNTV, regroupe 1300 entreprises (sur les 2692 entreprises recensées par le soit les deux-tiers du parc roulant et 82 000 salariés (sur les 105 040 du TRV). La fédération patronale est raisonnablement optimiste malgré quelques craintes liées aux problèmes industriels générés par la transition énergétique telle que conçue par l’Union européenne et la France (voir https://www.trm24.fr/un-autocar-expo-2024-annonciateur-de-printemps/ )  

Le Baromètre FNTV, lors de sa dernière enquête du quatrième trimestre 2024[1] révèle que 51% des établissements (52% pour le transport scolaire) ont des difficultés à recruter des temps plein, chiffre qui monte à 55% pour le personnel de maintenance. Ce taux monte à 68% pour les salariés à temps partiel. Ceci conduit à ce que 3% des entreprises déclarent ne pas pouvoir honorer tous leurs marchés. L’organisation du travail devient un sujet majeur : 60% des entreprises annonçant repenser leur organisation pour répondre aux besoins d’équilibre entre vie professionnelle et personnelle. La trésorerie est jugée stable à 6 mois pour 81% des répondants même si quelques craintes se font jour.

L’accroissement des responsabilités sociales et environnementales pour les entreprises

Comme pour le transport de marchandises, les entreprises du TRV sont engagées dans la transition énergétique : 617 ont signé la Charte Objectif CO2 et 94 d’entre elles étant labellisées[2]. Le problème est l’accès aux financements de ces véhicules hors pétrole pour 31% des répondants. Les contraintes administratives pèsent aussi ; tout particulièrement celles relatives à l’obligation d’installations de dispositifs photovoltaïques ou les bilans d’émissions de gaz à effet de serre.

La sécurité demeure un sujet sensible du TRV, comme après chaque fait divers.  Le Plan Joanna annoncé par le gouvernement le 30 avril 2025 demande dès sa Mesure n°1 d’imposer « la mise en œuvre d’un minimum de 1 dépistage par an et par chauffeur pour détecter la consommation de substances pouvant altérer les capacités à conduire ». Mais cela ne s’improvise pas et exige le respect de règles juridiques et procédurales strictes, même pour un test salivaire. On imagine la difficulté à mobiliser plusieurs salariés et cadres pour cette mission, surtout dans de grands centres d’exploitation. L’AFT et Carcept Prev sont associées à ces dispositifs de prévention des addictions. Mais cela n’allègera pas la tâche administrative des services RH ou d’exploitation.

Vers un nouvel indice CNR ?

En 2024, la FNTV a demandé une révision de l’indice du Comité national routier (CNR). L’idée est d’aller au-delà du simple « taux horaire conducteur » pour créer un indice prenant en compte l’ensemble des charges et en étendre le périmètre afin d’en faire un « indice conducteur scolaire et régulier ». Propositions validées par le Conseil d’administration du CNR le 26 mars 2025. Voilà qui devrait simplifier les relations contractuelles entre entreprises et Autorités organisatrices. Lesquelles auront, avec les SERM (services express régionaux et métropolitains), d’autres occasions de travailler ensemble.

Ce qui rend Sébastien Barrault, Président de la FNTV, optimiste sur l’avenir de la profession même s’il déclare qu’il « reste maintenant la question du financement ». Les transports terrestres de voyageurs devant recruter plus de 100 000 personnes pour faire face aux départs en retraites, tout particulièrement dans les secteurs de la conduite et de la maintenance.

[1] Enquête conduite du 6 janvier et 3 février 2025.

[2] Recensement arrêté au 6 février pour les signataires de la Charte CO2 et au 24 janvier 2025 pour les sociétés labellisées.