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Recyclage des huiles usagées : Cyclevia renforce ses liens avec les professionnels du transport

Depuis l’agrément de Cyclevia en mars 2022, la collecte des huiles usagées est gratuite pour tous les professionnels, partout en France. Crédit photo : Christophe Meireis.

André Zaffiro, directeur général de Cyclevia, nous présentait la semaine dernière les missions de son éco-organisme, en droite ligne avec les intérêts du monde du transport. Il revient aujourd’hui sur les pratiques du secteur en matière d’huiles usagées et les avantages de la solution « Ma collecte » portée par Cyclevia.

Quelle place aujourd’hui pour le recyclage des huiles usagées dans les transports routiers ?

André Zaffiro :

« Les transports routiers représentent une part significative du gisement d’huiles usagées en France. En 2024, les professionnels de ce secteur comptaient pour 4 % des volumes collectés, soit près de 10 000 tonnes. Ce n’est pas anecdotique. Concernant le recyclage de ce déchet, nous n’avons pas de chiffres spécifiques au secteur, mais si l’on se réfère aux données nationales, tout détenteur confondu, 87% ont été livrées en centre de traitement pour redevenir en fin de procédé de l’huile de base, prête à réintégrer les formulations des producteurs. Chez Cyclevia, nous dépensons beaucoup d’énergie et d’argent à pousser cette tendance, pas seulement en volume, mais aussi en qualité. Nous avons à ce titre lancé un appel à projets très ambitieux en 2024 pour l’implantation sur notre territoire d’une unité de régénération capable de produire des huiles homologables par les constructeurs, notamment pour leurs moteurs de dernière génération euro 5 et 6. Il est reste ouvert jusqu’en 2027. Le projet retenu sera financé par l’éco-organisme à hauteur de 11 millions d’euros.

Depuis un an ou deux, on assiste en France et en Europe à une montée en puissance progressive des huiles à base d’huiles régénérées, parfois même à 100%, et à performances égales avec les huiles traditionnelles. C’est une première victoire technique, mais aussi culturelle, car, récemment, il était encore impassable d’alimenter sa flotte de poids lourds avec des huiles issues de l’économie circulaire, et souvent à raison. Dans l’avenir, dans le cadre de politiques RSE généralisées, et parce que les professionnels du transport les plébisciteront – poussés aussi par leurs clients finaux –, les huiles régénérées deviendront la norme. Et une preuve d’engagement. »

Dans la pratique, comment les transporteurs gèrent-ils ce déchet ?

André Zaffiro :

« Dans les faits, les transporteurs routiers peuvent confier l’entretien de leurs poids lourds à leur concessionnaire ou bien s’en occuper eux-mêmes via leur atelier intégré. Dans le premier cas de figure, la collecte des huiles usagées est plutôt bien organisée et globalement efficiente, mais une marge de progression subsiste. Dans le second cas, la maintenance ne suit pas toujours les mêmes standards et une démarche pour la normalisation des bonnes pratiques doit être engagée. Nos efforts portent sur ces deux axes.

Depuis notre agrément en 2022, nous avons rendu la collecte gratuite pour tous les professionnels, partout en France. Un acte fort qui explique en partie nos bons résultats. Les transporteurs qui détiennent des huiles usagées peuvent programmer sans frais un ramassage auprès de leur opérateur habituel. Nous finançons intégralement la prise en charge. Depuis avril 2025, dans le cadre du développement de notre activité opérationnelle et pour renforcer nos liens avec les professionnels du transport, nous avons lancé « Ma collecte », la solution de collecte et de recyclage d’huiles usagées de Cyclevia. Une solution inédite sur le marché. »

Avec « Ma collecte », la nouvelle solution de Cyclevia, les huiles usagées sont collectées, tracées et systématiquement recyclées. Crédit photo : Christophe Meireis.

Inédite ? Que propose « Ma collecte » que les opérateurs en place ne proposeraient pas déjà ?

André Zaffiro :

« Si on laisse de côté la gratuité, qui est un bénéfice majeur mais totalement acquis depuis l’arrivée de Cyclevia, les principaux atouts de « Ma collecte » sont la traçabilité et le recyclage. En effet, toutes les huiles usagées qui nous sont confiées suivent la voie de la régénération, là où certains opérateurs choisissent encore en partie, pour des raisons économiques, la valorisation énergétique… en d’autres termes l’incinération. Ici l’éco-organisme est dans son rôle, guidé par l’intérêt général et celui de la filière. Une filière plus circulaire qui travaille aussi à sa pérennité.

Grâce à notre application dédiée, nous garantissons également la traçabilité des déchets, de leur lieu de collecte à leur lieu de traitement. Des arguments qui raisonnent dans l’esprit des transporteurs que nous rencontrons, soucieux d’engager une démarche environnementale ou de la nourrir par des preuves tangibles lorsqu’elle existe. Il y a aussi une question d’image. Aujourd’hui, les deux sont indissociables.  

Outre sa simplicité d’utilisation – flasher un QR-code suffit par exemple de déclencher un ramassage – « Ma collecte » a été conçue pour répondre aux besoins des usagers mono et multisites, où qu’ils se trouvent en France métropolitaine, avec une vision centralisée et une gestion automatisée des collectes si nécessaire.

Cyclevia soulage aussi ses usagers des démarches administratives et garantit leur tranquillité. Ce n’est pas neutre dans le contexte de notre déchet qui, rappelons-le, est dangereux. Enfin, et fidèles à notre mission, nous avons enrichi notre solution d’un volet pédagogique destiné à accompagner les transporteurs et leurs salariés dans une gestion plus encadrée et plus sûre de leurs huiles. Les bonnes pratiques sont finalement simples à mettre en œuvre, mais c’est mieux quand on les connaît ! »

Est-ce aussi pour cette raison que vous serez présents cette semaine à Solutrans ?

André Zaffiro :

« Oui, et c’est une première pour Cyclevia. Le monde du transport est pour nous, je l’ai dit en introduction, un secteur directement concerné par notre déchet. Rencontrer les professionnels, les « éveiller » à la cause environnementale, à l’économie circulaire, à nos bonnes pratiques et aux solutions qui existent commencent par ce type d’évènement. Nous invitons d’ailleurs tous les gens qui nous lisent à venir nous y rencontrer – Hall 6, stand C015. J’interviens aussi lors de la conférence : « Rétrofit, régénération, recyclage : comment améliorer la valeur de son véhicule ? » le jeudi 20 novembre à 14 heures, aux côtés de plusieurs acteurs de la filière des transports. »

Rendez-vous ici pour en savoir plus sur Cyclevia et « Ma collecte »

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