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REPÈRES HYDROGÈNE : Production et distribution, des enjeux cachés

Si l’Union européenne a promu dans ses règlements imposés aux constructeurs les véhicules à batteries et à pile à combustible, la réalisation de cet objectif dépendra beaucoup des filières « amont » à savoir la production et la distribution de ce gaz. Dans le nouveau REPÈRES Spécial Hydrogène, nous revenons en détail sur cet aspect de l’hdyrogène. Extraits.

L’hydrogène vert

L’Académie des Sciences a rappelé dans son rapport sur l’hydrogène daté de 2024[1] que l’hydrogène dit « vert » à base d’électrolyse de l’eau n’est vertueux que si l’électricité mobilisée pour cette transformation est elle-même issue d’énergies décarbonées. Une question de bon sens souvent omise par les acteurs politiques. Dans son rapport, elle rappelle que le fantasme de la société de l’hydrogène vert découle « d’une confusion, malheureusement fréquente, entre source d’énergie et vecteur énergétique ».

Un problème soulevé également par de nombreux économistes et ingénieurs de l’IFP Énergies nouvelles qui déplorent une logique basée sur les émissions finales des véhicules sans prendre en compte, ni l’analyse en cycle de vie, ni en rendement énergétique global traduit en énergie primaire mobilisée. Même l’Agence internationale de l’énergie (AIE) reconnaît « qu’il n’existe pas d’accord international sur la définition de ce qu’est un hydrogène bas carbone »[2]. Si on admet l’exploitation des kWh issus d’énergies éoliennes ou photovoltaïques (que certains imaginent exploiter pour préserver la stabilité des réseaux électriques lors des pics de production de ces énergies dites renouvelables), cela crée par ricochet une intermittence de production des électrolyseurs. Or, il semblerait que leur fonctionnement ne s’accommode qu’assez mal aux fluctuations de leur activité (démarrage et charge).

La production française

En outre, selon l’Académie des Sciences, produire 1 million de tonnes d’hydrogène dit « vert » impliquerait la consommation de 55 TWh d’électricité.  La production française d’hydrogène représenterait en 2023, 0.9 million de tonnes annuel. Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), la demande en Europe représentait en 2023 l’équivalent de 7.6 Millions de tonnes (250TWh). En Europe de l’Ouest, les Pays-Bas et l’Allemagne Fédérale sont les plus gros consommateurs, et producteurs, d’hydrogène. Cet hydrogène est principalement utilisé pour les industries pétrochimiques et chimique. La Cour des Comptes, dans son rapport de mai 2025 a critiqué les évaluations très optimistes faites autour de la production d’hydrogène dit « vert ». Mais la Directive RED III publiée en novembre 2023, devant être transposée dans les pays membres à l’échéance de mai 2025 fixe comme objectif pour 2030 un seuil de 42% d’hydrogène industriel produit à partir d’énergies renouvelables.

Lire dans son intégralité le Chapitre sur la production et la distribution, des enjeux cachés dans le numéro REPÈRES HYDROGÈNE

 

 

[1] https://www.academie-sciences.fr/pdf/rapport/rapport_hydrogene_2024.pdf

[2] Northwest European Hydrogen Monitor 2025, AIE mai 2025.