Son camion est immobilisé en France
Andrzej, routier polonais, a dû être rapatrié dans son pays au lendemain du 16 mars dernier. Il a été interpellé par la gendarmerie de Montpellier comme une dizaine de ses compatriotes conducteurs. De nombreux routiers des pays de l’Est se sont ainsi retrouvés sans travail en quelques heures. Nous l’avions rencontré en 2018 entre Lyon et Nîmes. Voici son témoignage.
Andrzej n’a pas pu justifier aux autorités qu’ils l’ont interpellé qu’il transportait des biens dits essentiels puisque son camion était vide, l’une des usines pour lesquelles son entreprise travaille ayant fermé du jour au lendemain. « J’avais déchargé ma marchandise dans la soirée. En me réveillant le matin, le responsable logistique m’a clairement dit que tout fermait en raison du virus » se souvient le conducteur que nous avons pu joindre. Il s’est ainsi retrouvé sans aucun chargement. « Je n’ai pas eu d’autres choix que d’attendre sur un parking non loin d’un supermarché. Nous étions 4 camions polonais et hongrois » nous a-t-il précisé.
Depuis, Andrzej est rentré chez lui en Pologne. Son patron a été contraint par la France de rapatrier à ses frais et par avion ses 3 conducteurs. « Le camion est resté là-bas en France. J’espère qu’il n’a pas bougé » craint le jeune conducteur qui avait racheté en partie son MAN. Il avait prévu de se lancer et de créer sa propre entreprise d’ici la fin de l’année. « Je pense que je vais devoir repousser mon projet. Le fait de rester sans aides pendant plusieurs jours m’a dégoûté du métier. Mon patron ne s’est manifesté que lorsque les policiers l’ont appelé » nous a-t-il raconté. Andrzej ne sait pas quand il reviendra en France. Son entreprise a cessé ses activités. Sur la cinquantaine de camions, 15 véhicules dont le sien manquent à l’appel.
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