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TRV : les priorités identifiées par le Comité de concertation sur les gares routières

Le Comité de concertation sur les gares routières a, mi-mars 2025, fait le point sur les améliorations à apporter aux gares routières françaises accueillant les services librement organisés (SLO, dits « cars Macron »). L’information en temps réel et l’accès à une billetterie sur place apparaissent comme les chantiers prioritaires.

L’Autorité de régulation des transports (ART) et le CEREMA (Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement) ont réuni différents acteurs et observateurs du monde du transport de voyageurs pour identifier les améliorations à apporter aux gares routières françaises dédiées aux dessertes routières longue distance (les services librement organisés -ou SLO, dits aussi « cars Macron »-).

Les auteurs en sont : Michel Quidort, Vice-président de la Fédération nationale des associations des usagers de transport (FNAUT) et président du groupe de travail ; Adrien Bethuys, Lead Ground Operations, BlaBlaCar ; Corinne Flament, Responsable Économie, Numérique et Prospective, Fédération nationale des transports de voyageurs (FNTV) ; Florence Girault, Directrice de projets Services de mobilité et Transition énergétique des mobilités, Cerema ; Vincent Hays, Business Directeur France, Flixbus ; Véronique Sagot, Responsable modes collectifs et partagés au sein du Pôle Intermodalité de SNCF Gares & Connexions ; le tout coordonné par  Ioana Vacaru, Économiste, Autorité de régulation des transport. On le voit, milieu associatif, opérateurs, fédérations professionnelles et tutelles ont travaillé de concert.

Une information voyageurs accessible à tous et non discriminée

Parmi les priorités identifiées, l’information voyageurs qui devrait être en temps réel, tant pour les gestionnaires de gares que pour les voyageurs. Le comité relève que l’information statique n’est pas adaptée aux caractéristiques des services longue distances, lesquels « peuvent modifier leurs horaires plusieurs fois par an. De plus, les services librement organisés ne disposent pas souvent, en gare, de quais qui leur soient spécifiquement attribués. ». Une information dynamique, comme c’est le cas pour les trains, est jugée plus appropriée. Ce serait, assurément, une avancée pour les voyageurs.

L’ART n’est pas naïve et demande que cette information soit délivrée ou accessible « de façon non discriminatoire et centralisée ». Le rapport recommande également une disponibilité de ces informations dans des formats de fichiers ou données standards « permettant une interopérabilité accrue ». Conséquence de ceci, il suggère d’intégrer tous les services réguliers de transport dans les outils de mobilité par association de services (MAS). Et de citer le cas : le service MAS lancé en 2024 par la Métropole de Rouen Normandie.

Sortir de la doctrine du « tout internet »

Le second sujet sensible est l’accès à une billetterie sur place, n’obligeant pas les voyageurs à passer exclusivement par internet. L’ART propose une mutualisation de guichets, soit entre opérateurs de SLO, soit via les points de vente des transports conventionnés régionaux. Le comité relève que « Environ 10 % des titres de transport des services librement organisés sont distribués physiquement notamment en gare, à bord des véhicules ou dans des commerces de proximité. Pour certains usagers, pouvoir acheter son titre de transport en gare routière demeure indispensable, que ceux-ci n’aient pas de carte bancaire, qu’ils préfèrent par sécurité acheter leur billet sur place, ou qu’ils soient peu familiers avec internet. » Une alerte bienvenue à l’heure où nombre de Régions ne jurent plus que par internet, même pour la vente des billets TER.

Le rapport relève qu’une étude de BlaBlaCar réalisée en 2024 indique que les voyageurs choisissent les points de vente physiques pour trois raisons principales : le contact humain (35 %), la facilité de paiement (34 %), et la nécessité d’acheter sur place (12 %). Le rapport propose d’adapter les moyens au trafic attendu en gares routières : pour les petites gares, le comité suggère l’usage mutualisé des guichets existants, ou en l’absence de guichet, l’usage d’automates multimodes. Au-delà de 300 000 voyageurs/an, il préconise la création de véritables guichets dédiés et l’installation systématique d’automates de distribution de titres de transports.

Le document complet est accessible ici : https://www.autorite-transports.fr/wp-content/uploads/2025/03/synthese_travaux_gt.pdf