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VUL électriques : la fiscalité au cœur de l’accélération du marché professionnel

L’étude publiée par Avere-France, avec Electra et EDF, met en évidence un paradoxe déjà identifié sur le marché des véhicules utilitaires légers électriques : leur rentabilité à l’usage est réelle, mais leur coût d’entrée reste dissuasif. Le fait que les VUL électriques affichent un coût d’usage inférieur d’environ 45 % démontre que la technologie est économiquement pertinente sur le long terme, notamment pour les professionnels réalisant beaucoup de kilomètres. Pourtant, le surcoût à l’achat continue de freiner les décisions d’investissement, surtout chez les TPE et PME dont la capacité de financement reste limitée.

Une transition freinée par la trésorerie des entreprises

L’analyse montre que le problème n’est plus uniquement technologique mais essentiellement financier. Même si le coût total de possession devient plus avantageux que celui des modèles thermiques, les entreprises raisonnent souvent d’abord en coût immédiat plutôt qu’en rentabilité sur plusieurs années. Dans ce contexte, un surcoût pouvant encore atteindre 22 % après aides représente un obstacle important, particulièrement dans les secteurs où les marges sont faibles et les renouvellements de flotte contraints.

Cette réalité explique pourquoi les objectifs gouvernementaux apparaissent ambitieux au regard du rythme actuel du marché. Passer de 9 % de VUL électriques en 2025 à plus de 50 % en 2030 suppose une accélération extrêmement rapide des immatriculations.

Deux visions différentes de la politique publique

Le premier scénario proposé par l’étude s’inscrit dans une logique de soutien renforcé. Il cherche à compenser le surcoût par davantage d’aides ciblées et par des solutions de leasing. Cette approche présente l’avantage d’être rapidement mobilisable et particulièrement adaptée aux petites entreprises. Elle reconnaît implicitement que le marché n’est pas encore capable d’atteindre seul une compétitivité suffisante.

Le second scénario, fondé sur un bonus-malus, relève davantage d’une logique structurelle. Il vise à modifier durablement les arbitrages économiques en pénalisant progressivement les véhicules thermiques pour financer les modèles électriques. Cette solution pourrait offrir plus de stabilité et de visibilité aux entreprises, mais elle comporte aussi un risque politique et social si les contraintes deviennent trop fortes pour certains professionnels dépendants du thermique.

Un enjeu central : la visibilité réglementaire

L’un des points les plus importants de l’étude concerne la stabilité du cadre fiscal. Les entreprises investissent leurs véhicules sur plusieurs années et ont besoin d’anticiper les coûts futurs. Or, les aides à l’électrification ont souvent évolué rapidement ces dernières années, ce qui crée une forme d’incertitude. En insistant sur la nécessité d’un cadre lisible et prévisible, l’étude souligne que la confiance réglementaire devient presque aussi importante que le niveau des aides lui-même.

L’étude met également en avant un sujet souvent sous-estimé : la valeur résiduelle des véhicules électriques. Pour les gestionnaires de flotte, l’incertitude sur la revente des VUL électriques reste un frein majeur. La question de l’état de santé des batteries est centrale, car elle influence directement la confiance dans le marché de l’occasion. Une meilleure transparence sur les batteries pourrait donc devenir un levier stratégique pour rassurer les acheteurs et améliorer la rentabilité globale des flottes électriques.

Une électrification qui dépendra autant des infrastructures que de la fiscalité

Même si l’étude se concentre sur les leviers fiscaux, son analyse montre indirectement que la réussite de la transition dépendra aussi d’autres facteurs : développement des infrastructures de recharge, adaptation des usages professionnels, disponibilité des modèles et accompagnement opérationnel des entreprises. Les aides financières peuvent accélérer le mouvement, mais elles ne suffiront probablement pas à elles seules à atteindre les objectifs fixés pour 2030.

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