La CLEPA, fédération européenne des équipementiers, ne cesse de tirer le signal d’alarme. Elle réclame une mise en œuvre de politiques assurant l’avenir de la filière en Europe.
Des défaillances en série
La transition incontrôlée vers l’électrification et les pressions sur les prix exercées sur les équipementiers par les constructeurs conduisent à une succession de licenciements et de fermetures d’usines en Europe. La CLEPA a comptabilisé 104 000 licenciements dans sa branche d’activité entre 2024 et 2025 (soit 142 postes par jour selon le macabre comptage de la fédération).
Dans le détail, cela a représenté une perte de 50 000 salariés en 2025 et de 54 000 en 2024. Dans le même temps seuls 7 000 recrutements ont été observés. C’est sans doute cela que de doctes « sachants » à Paris ou à Bruxelles, invoquant les théories de Schumpeter, appellent la « destruction créatrice » (sic).
La CLEPA alerte sur le fait que ces destructions sont bien plus grandes que celles liées à la pandémie Covid. « Le soutien politique doit maintenant être à l’échelle du défi » martèle Bejamin Krieger, secrétaire général de la CLEPA. Il est instamment demandé dans la dernière édition de la CLEPA Data Digest datée de janvier 2026, une vraie neutralité technologique, « un rétablissement de la compétitivité sans ajout de coûts ou de complexités ».
L’Europe en passe de devenir une « naine blanche » industrielle ?
Les préoccupations des sous-traitants concernent également les coûts de l’énergie et les pesanteurs administratives (ce n’est pas l’extension programmée des crédits carbone -alias ETS-II – au transport et au bâtiments qui va arranger les choses). Il y a bien l’Industrial Accelerator Act prévu par les instances européennes, mais la crainte de la CLEPA est qu’il accroisse la complexité de gestion plus qu’il ne renforce la compétitivité des entreprises.
La CLEPA note qu’il y a eu une hausse de production de véhicules à batteries en Europe entre 2024 et 2025 mais que cela reste très en-deçà des objectifs. L’ACEA a de son côté noté une production européenne d’utilitaires en baisse de -6.8% tandis qu’elle augmentait de +12.7% en Turquie et de +9.1% en Chine. L’ACEA envisageait une production européenne de camions de plus de 6t de PTAC en hausse de +5.7% (tandis que la Chine était à +5.3%). Pour donner les échelles, la Chine était attendue à 1 049 199 unités de camions produites en 2025 quand l’Europe n’en ferait que 391 789.
Les équipementiers sous pression
La CLEPA rappelle également l’énorme pression exercée par les acheteurs des constructeurs. La part d’équipementiers affichant au bilan des pertes est de 34% en 2025 (contre 38% en 2024). Seul un tiers des équipementiers afficherait un EBIT avec des marges de 5% et plus. Un minimum pour assurer les investissements futurs (R&D et transformation industrielle).
Le problème est que la rentabilité des sous-traitant baisse de façon ininterrompue depuis 2022. Benjamin Krieger conclut « nous devons stopper l’hémorragie ».
Ça peut (aussi) vous intéresser
Palmarès des producteurs mondiaux de batteries de traction : la Chine domine, l’Asie écrase
Accord définitif du Conseil sur les droits de douane applicables aux petits colis
Trouillet résiste en 2025 et prépare une forte accélération en 2026
Le projet de loi-cadre Transports présenté aujourd’hui en Conseil des ministres
- Gare routière de Paris Pershing : le « coup de force » de la Mairie de Paris - 13 février 2026
- Palmarès des producteurs mondiaux de batteries de traction : la Chine domine, l’Asie écrase - 12 février 2026
- Pour Mercedes-Benz Vans l’affaire est dans le sac - 12 février 2026


