EDITO HERVE REBILLON

EDITO de Hervé Rébillon : le transport routier, une évidence ?

Depuis des années, on demande aux transporteurs de tout absorber : les hausses de carburant, les nouvelles normes, la décarbonation, les investissements, la concurrence européenne … Et lorsqu’une nouvelle flambée du gazole survient, on leur explique qu’ils n’ont qu’à la répercuter à leurs clients.

Sur le papier, c’est simple. Sur le terrain, ça ne l’est pas.

Ce qui me frappe aujourd’hui, c’est que la colère ne vient plus seulement des chefs d’entreprise. Elle monte aussi des salariés. Les uns parlent de trésorerie et de compétitivité, les autres de salaires, de pouvoir d’achat et de conditions de travail. Mais derrière ces revendications différentes, je vois la même lassitude :  le sentiment de ne plus être entendu.

Comment comprendre que le gouvernement exclue le transport routier de la quatrième vague d’aides alors que les précédentes ne sont même pas toutes versées ? Comment demander aux entreprises de patienter quand leurs factures de carburant, elles, n’attendent pas ?

Et surtout, comment continuer à considérer le transport routier comme une évidence ?

Sans camion, l’économie s’arrête. Pourtant, ceux qui font rouler cette économie ont de plus en plus le sentiment d’être traités comme une variable d’ajustement.

La mobilisation annoncée par la CFDT le 16 octobre doit aussi être regardée avec attention. Elle montre que le malaise dépasse désormais les seuls comptes des entreprises. C’est toute une profession qui décroche.

Je crois que le transport routier ne demande pas des privilèges. Il demande simplement qu’on regarde sa réalité en face. Parce qu’à force de demander toujours plus à ceux qui transportent tout, **on risque de finir par ne plus avoir personne pour transporter quoi que ce soit.

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