Le gouvernement a décidé d’exclure les entreprises de transport routier de marchandises de la quatrième vague d’aides destinée à compenser la hausse des coûts du carburant (alors qu’elles sont maintenues pour les agriculteurs, les pêcheurs et le BTP). Une annonce qui suscite la vive opposition de la FNTR, de l’OTRE et de l’Union TLF, alors même que les précédents dispositifs n’ont toujours pas été entièrement déployés.
Pour les organisations professionnelles, cette décision est d’autant plus incompréhensible que le secteur reste fortement exposé à l’augmentation du prix du gazole et à la concurrence européenne.
Des aides précédentes toujours largement en attente
La colère des transporteurs repose notamment sur les retards accumulés dans le versement des aides. La première vague, lancée en avril 2026, n’a commencé à être versée qu’à partir de la mi-juillet, avec une majorité des paiements intervenus en août. Sur 11 158 dossiers déposés, seuls 6 980 ont été traités à ce jour, rapporte l’OTRE.
La deuxième vague, ouverte en mai, compte 9 864 dossiers, mais aucun versement n’a encore été effectué. Quant à la troisième vague, annoncée début juillet pour couvrir les mois de juin, juillet et août, elle n’est toujours pas opérationnelle. Le décret précisant ses conditions d’accès n’a pas encore été publié, faisant craindre à l’OTRE un durcissement des critères.
Les fédérations réclament davantage de visibilité
La FNTR estime que le calendrier des décisions gouvernementales ne correspond pas aux difficultés rencontrées sur le terrain. Sa déléguée générale, Florence Berthelot, appelle « à donner rapidement de la visibilité aux entreprises et à accélérer les travaux destinés à rendre plus efficace la répercussion du coût du gazole ».
L’OTRE juge également « incompréhensible d’exclure les transporteurs d’une nouvelle vague alors que les précédentes aides ne sont pas entièrement versées et que les mesures structurelles annoncées n’ont pas encore abouti ».
L’Union TLF, par la voix de son président Jean-Thomas Schmitt, dénonce pour sa part une situation qui pénaliserait particulièrement le transport de marchandises, alors que la hausse des carburants détériore la compétitivité des entreprises françaises face à leurs concurrentes européennes.
Le mécanisme d’indexation au cœur du débat
Pour justifier l’exclusion du transport routier, le gouvernement s’appuie notamment sur le mécanisme légal d’indexation des prix du transport sur l’évolution du coût du carburant. Celui-ci doit permettre aux transporteurs de répercuter la hausse du gazole dans leurs contrats. Mais les fédérations soulignent que cette répercussion est loin d’être automatique ou simple à appliquer pour de nombreuses entreprises.
Une situation d’autant plus paradoxale que des travaux ont justement été engagés en juillet 2026 pour simplifier et renforcer ce mécanisme d’indexation. Les organisations professionnelles demandent donc que ces travaux aboutissent rapidement, tout en regrettant l’absence de soutien supplémentaire à court terme.
Un secteur qui demande des mesures cohérentes
Pour les fédérations, le problème ne réside donc pas seulement dans l’absence d’une quatrième vague d’aides, mais dans l’accumulation des retards et l’absence de visibilité. Elles réclament désormais une accélération des versements déjà prévus et la concrétisation des mesures structurelles destinées à mieux protéger les transporteurs contre les fluctuations du prix du carburant.
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