Retour sur la conférence de la CSIAM qui s’est tenue ce jeudi 22 janvier. Après avoir passé en revue le segment des utilitaires et des poids lourds, voyons ce que la CSIAM a annoncé pour le transport de voyageurs, autrement dit pour les autobus et les autocars.
L’autobus tire l’électrification
La CSIAM est entré dans le détail des résultats du transport de voyageurs : les autobus ont représenté 1 198 unités, une baisse de -26.2%. Selon Malina Marjanovic, directrice des ventes autocars chez Daimler Buses France, cela serait lié à des problèmes de production (et de livraison de composants) plus que de commandes. Jean-Yves Kerbrat, directeur général de MAN Truck & Bus France, confirme que la commande publique se porte bien, tout particulièrement sur le marché des autobus électriques. Parallèlement, les autocars (Classe II et Classe III) ont rebondi à +15.2% à 4 210 immatriculations. Marlina Marjanovic expliquant ce fait par un rebond des commandes d’autocars de tourisme. Un point de vue tempéré par Nadia Omeyer, directrice marketing de MAN Truck & Bus France, qui y voit plutôt la reprise de la production après une année 2024 très perturbée par GSR-II. Les deux hypothèses pouvant toutefois aboutir aux résultats constatés.
Sur la transition énergétique, le transport de voyageurs, et tout particulièrement le segment des autobus, fait figure de bon élève : 77.6% des immatriculations seraient, selon la CSIAM, hors pétrole. L’électrification, portée par les financements des collectivités locales et un contexte législatif contraignant (du fait des lois françaises LTECV de 2015 et LOM de 2019) y atteint 49.3% du marché. « L’autobus tire la demande en véhicules électriques. Cela s’explique par ses conditions d’exploitation plus faciles à planifier et à la volonté de la commande publique » note Marie Defrance.
Les motorisations GNV, avec 24.3% devancent les moteurs Diesel Crit’Air 2 (à 22.4%). L’hydrogène y représente 4% des immatriculations. Un bilan tout autre dans le domaine de l’autocar où le gazole, règne en maître avec 81.9% du marché. Le GNV est ici la première alternative avec 14.3% des immatriculations, suivi par le B100 Exclusif (2.5%). L’électrification représente 1.3% du marché. Malina Marjanovic rappelle que l’électrification des autocars s’apparente beaucoup à celle des camions longue distance. Ce qui pose, à nouveau, la question des infrastructures de recharge.
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Quel a(d)venir pour les primes à l’investissement ?
L’AVERE-France, par sa représentante Brune Lethier Chargée de mission mobilités lourdes, a noté avec joie que le développement de l’électrique dans le transport public s’est fait malgré une règlementation très contraignante sur l’aménagement et les dispositions de sécurité dans les dépôts de bus. Elle se félicite également de la hausse du nombre de demandes pour l’équipements des entreprises de transport de marchandises. « Mais Advenir n’aura pas seul les fonds pour répondre aux demandes de financements des dépôts et des stations de recharge en itinérance » alerte-t-elle. Elle en appelle à l’État. Pas sûr que cela soit dans l’air du temps, vu les menaces qui pèsent également en Europe sur les financements du programme AFIF devant favoriser l’émergences des énergies alternatives sur les grands itinéraires européens.
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