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Déboursement TICPE : un coût direct pour les chargeurs

Le gouvernement s’apprête à présenter en conseil des ministres (début octobre) le projet de loi de finances 2024. Devrait y être intégré un déboursement de la TICPE. Les fédérations du transport routier s’y oppose fermement comme nous le relations. L’AUTF qui représente les chargeurs estime « que c’est avant tout une problématique globale de société qui demande un effort partagé. » Valérie Cornet, déléguée aux transports terrestres à l’AUTF, a répondu aux questions de TRM24.

« C’est avant tout une hausse des coûts à supporter par les chargeurs, grandes et petites entreprises. Il s’agit de l’indexation « énergie » (dorénavant plus large que l’indexation carburant et qui inclut aussi les variations pour le groupe froid). Les évolutions sont répercutées par les transporteurs par ce mécanisme réglementé. C’est même un coût direct pour les chargeurs qui font du transport en compte propre » indique Valérie Cornet dans un entretien avec TRM24.

La représentante de l’AUTF estime que cette mesure arriverait au mauvais moment : « ce projet arrive dans un contexte où on cherche à limiter l’inflation et où les chargeurs font face à un certain nombre de surcoûts. En 2022, les chargeurs ont déjà supporté de fortes hausses liées à l’énergie. Les « ristournes carburant » accordées par l’Etat aux transporteurs n’ont pas été prises en compte dans l’indexation. Les chargeurs n’ont pas d’autres solutions que de répercuter cette hausse à leurs clients et donc aux consommateurs au final. Ce n’est pas possible de tout répercuter automatiquement, de droit, donc ça fait partie de la négociation mais cela se répercute forcément dans l’inflation.»

Valérie Cornet, déléguée aux transports terrestres à l’AUTF

Plus généralement, la transition énergétique a un coût sans précédent pour les transporteurs et pour les chargeurs. Valérie Cornet considère que « c’’est avant tout une problématique globale de société qui demande un effort partagé entre l’État (à travers les aides, pour diminuer le surcoût qui en l’état actuel ne peut pas être effacé), les transporteurs (pour investir, modifier leurs modes opératoires en lien avec les temps de recharge, leur savoir-faire maintenance), et les chargeurs (pour supporter le surcoût résiduel et aussi adapter leurs opérations). »

Existe-t-il réellement des solutions ? « On doit se poser la question des bonnes mesures à mettre en place pour accélérer la décarbonation du transport. Un déremboursement de la TICPE pourrait avoir un effet contre-productif. La capacité de financement est essentielle dans ce contexte, pour investir ou pour accompagner les transporteurs » conclut Valérie Cornet, déléguée aux transports terrestres à l’AUTF.

Reste à savoir ce que décidera au final Matignon car, comme nous l’avons vu, il semblerait bien que la première ministre ait le dernier mot sur cette mesure, même si c’est à Berçy de l’intégrer dans le projet de loi de finances 2024.