Le gouvernement a annoncé hier un dispositif de 450 millions d’euros pour faire face à la hausse des prix des carburants : prolongation et extension de l’aide aux grands rouleurs, « règle d’or » sur la fiscalité des carburants et mesures ciblées pour plusieurs secteurs. Le transport routier n’en fait pas partie, contrairement notamment à l’agriculture, à la pêche et au BTP, qui bénéficieront d’aides prolongées jusqu’au 31 décembre.
FNTR et OTRE dénoncent une exclusion incompréhensible
La FNTR comme l’OTRE font part de leur colère et de leur incompréhension. Pour les deux organisations, le transport routier, indispensable à l’approvisionnement du pays, ne peut être considéré comme un secteur secondaire. La route assure environ 90 % du transport de marchandises en France, alimentant commerces, usines et établissements de santé.
L’OTRE estime que cette décision menace directement la survie de nombreuses entreprises, tandis que la FNTR réclame une intervention rapide du Premier ministre face au désarroi des transporteurs.
L’indexation du gazole ne suffit pas
Le gouvernement renvoie notamment les transporteurs au mécanisme légal d’indexation du prix du carburant. Les organisations professionnelles contestent cependant l’idée selon laquelle cette disposition permettrait de compenser automatiquement la flambée du gazole.
Dans un secteur composé à plus de 80 % de TPE et PME, les transporteurs disposent souvent d’un rapport de force défavorable face aux grands donneurs d’ordre. Les modalités de répercussion sont négociées au cas par cas et peuvent être partielles ou tardives. Dans le transport de voyageurs, la situation dépend également des contrats, notamment avec les collectivités publiques.
La FNTR demande ainsi à l’État de publier le bilan des contrôles menés par la DGCCRF sur l’application de l’indexation : contrôles réalisés, mises en demeure et éventuelles sanctions.
Des aides toujours en attente
La colère est également alimentée par les retards dans le dispositif précédent. Alors que les aides avaient été annoncées pour couvrir la période d’avril à août, l’OTRE souligne que seule l’aide correspondant au mois d’avril avait alors été effectivement versée. La FNTR rappelle de son côté que le décret concernant juin, juillet et août n’avait toujours pas été publié.
Pour les transporteurs, cette situation intervient alors que le carburant constitue l’un des principaux postes de dépenses, à un niveau proche de celui des salaires. Une hausse brutale du gazole réduit donc immédiatement des marges déjà faibles et accentue les tensions de trésorerie.
La menace d’une mobilisation
Les deux fédérations décrivent des entreprises, souvent familiales, arrivées à un niveau de tension élevé. L’OTRE avertit que la « surdité » du gouvernement pourrait provoquer une mobilisation que les transporteurs ne souhaitent pourtant pas.
La FNTR demande, elle, à être reçue rapidement par le Premier ministre. Au-delà de nouvelles annonces, les entreprises réclament désormais des décisions concrètes, le respect des délais et la reconnaissance du caractère stratégique du transport routier.
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