EDITO HERVE REBILLON

EDITO de Hervé Rébillon : Tabarot et ses petits robots

Franchement, je me demande parfois ce qui passe par la tête de nos ministres. En plein mois d’août, alors que tant de sujets urgents attendent sur la table du transport, Philippe Tabarot a choisi de s’occuper … des petits robots de livraison.

Je ne dis pas que les robots autonomes sont inutiles. Loin de là. Il faudra bien, un jour, trouver de nouvelles solutions pour le dernier kilomètre et accompagner les évolutions technologiques. Mais fallait-il vraiment se précipiter pour les faire entrer dans la circulation française ?

Car nos rues ne manquent déjà pas d’engins en tout genre. Entre les voitures, les camions, les vélos, les motos, les trottinettes et les piétons, la cohabitation est parfois sportive et dangereuse. Il faudra maintenant ajouter des petits engins autonomes au milieu de tout cela. Et, évidemment, ce sont les collectivités locales qui devront ensuite déterminer où ils pourront circuler et sur quels itinéraires.

J’ai surtout le sentiment que l’on met la charrue avant les bœufs.

Derrière le côté sympathique du petit robot qui livre un colis tout seul se cache pourtant une vraie question de fond : nous parlons bien de transport de marchandises. La SNTL pose une question qui me paraît parfaitement légitime : les entreprises qui exploiteront ces véhicules autonomes ne devraient-elles pas être soumises à une habilitation reposant sur la capacité professionnelle de transporteur léger ?

Cela paraît assez logique. Dès lors qu’une entreprise transporte professionnellement des marchandises, il serait pour le moins étonnant que le changement de véhicule permette de s’affranchir des règles qui s’appliquent aux autres transporteurs.

Mais c’est surtout le calendrier qui me laisse perplexe. L’ONU et l’Union européenne travaillent encore sur les règles qui devront encadrer les robots de livraison autonomes. Et nous, pendant ce temps, nous décidons d’avancer seuls.

On connaît la suite. Bruxelles finira par adopter un cadre européen. Les États membres devront ensuite l’appliquer ou le transposer. Et la France devra peut-être revenir sur une partie des règles qu’elle vient tout juste de mettre en place.

On aura donc réglementé, homologué, organisé … pour finalement recommencer. Les robots pouvaient bien attendre. Ils sont autonomes. Ils auraient su patienter.

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