Le conflit au Moyen-Orient rappelle brutalement une réalité que l’on préfère souvent oublier : l’énergie, quelle qu’elle soit, reste profondément dépendante des équilibres géopolitiques. Qu’elle soit fossile, renouvelable ou électrique, aucune source n’échappe totalement aux turbulences internationales. L’actuelle flambée des prix des carburants en est une illustration frappante. Pendant longtemps, certains ont voulu croire que l’électrique constituerait une forme de sanctuaire énergétique, relativement protégé des crises pétrolières et des tensions sur les hydrocarbures. Or les faits montrent le contraire. Lorsque les tensions internationales s’aggravent, l’ensemble du système énergétique est affecté. Et tout le monde y passe.
Les transporteurs en ont déjà fait l’amère expérience. On se souvient de la flambée du prix du gaz qui avait contraint à l’immobilisation de nombreux camions fonctionnant au GNV. Aujourd’hui, ce sont non seulement le diesel mais aussi l’électricité qui subissent les effets indirects des crises mondiales. Certes, les mégawattheures ne transitent pas par le détroit d’Ormuz. Mais le prix de l’électricité, lui, reste lié aux coûts de production des centrales à gaz ou à charbon qui déterminent souvent le prix marginal sur les marchés.
Les chiffres sont parlants. Comme nous l’évoquions dans un récent article sur TRM24. Selon les données du Réseau de transport d’électricité (RTE), le prix du MWh électrique s’élevait à 61,6 euros hors taxes avant le déclenchement du conflit avec l’Iran. Une semaine plus tard, il atteignait 115,08 euros, avec des pointes à plus de 150 euros. Une hausse plus qu’inattendue qui montre à quel point l’électricité reste intégrée dans un système énergétique global.
Dès lors, une question mérite d’être posée sans détour : la libéralisation des marchés de l’électricité et du gaz a-t-elle tenu toutes ses promesses ? En introduisant une logique de marché dans un secteur aussi stratégique, on a mécaniquement accepté une volatilité des prix qui peut s’expliquer en période de crise ou de tension économique. Mais au final, à quel coût pour les entreprises, en particulier les transporteurs et les consommateurs ?
Face à cette instabilité, la recherche d’un refuge énergétique devient une priorité. Dans ce contexte, certaines alternatives méritent peut-être d’être regardées avec davantage de sérieux. Les biocarburants, par exemple, dont les prix apparaissent aujourd’hui plus compétitifs. Le biométhane, produit localement et souvent « made in France », se révèle en pleine crise moins cher que le gaz fossile.
De quoi nourrir une réflexion politique plus large. Car derrière la question énergétique se cache un enjeu majeur : celui de la souveraineté et de la résilience. Et peut-être est-ce justement dans les solutions locales et renouvelables que se trouve, sinon un refuge absolu, au moins une voie vers plus de stabilité. Mais, au fait, nous l’avions déjà dit lors de la hausse du prix du gaz …







