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IAA 2026 : les constructeurs européens veulent repousser l’échéance CO₂ à 2033

Front commun inédit à Hanovre. Les dirigeants des sept principaux constructeurs européens de poids lourds et d’autobus réunis au sein de l’ACEA ont uni leurs voix à l’IAA Transportation 2026 pour demander à Bruxelles de reporter de trois ans, de 2030 à 2033, les objectifs de réduction des émissions de CO₂.

Un marché encore trop éloigné des objectifs

Les véhicules lourds zéro émission ne représentent actuellement que 2,4 % des nouvelles immatriculations en Europe. La situation est encore plus contrastée selon les pays : moins de 1 % en Pologne, en Espagne et en Italie, contre 4,3 % en Allemagne et 2,4 % en France. Pour les constructeurs, ces niveaux de marché sont incompatibles avec le rythme nécessaire pour atteindre les objectifs de 2030, alors qu’il reste 45 mois avant leur entrée en vigueur.

L’ACEA estime que le principal frein ne se situe plus dans l’offre des constructeurs. Ceux-ci affirment avoir investi et disposer désormais de gammes électriques et hydrogène couvrant les principaux usages du transport routier.

Le problème réside dans l’écosystème nécessaire à leur déploiement : bornes de recharge adaptées aux poids lourds, raccordements au réseau électrique, disponibilité et coût de l’énergie, stations hydrogène, péages favorisant les véhicules propres et dispositifs de soutien à l’achat.

L’Europe compterait aujourd’hui moins de 2 000 points de recharge publics adaptés aux camions, tandis que les infrastructures hydrogène restent très limitées.

Des milliards d’euros de pénalités en jeu

Karin Rådström, CEO de Daimler Truck et présidente du comité des véhicules industriels de l’ACEA, estime que les constructeurs ne peuvent être sanctionnés pour des conditions qu’ils ne maîtrisent pas directement. Selon elle, des pénalités pouvant atteindre plusieurs milliards d’euros ne permettraient pas d’accélérer la transition. Elles détourneraient au contraire des ressources qui pourraient être consacrées aux nouvelles technologies et aux capacités industrielles, tout en fragilisant les constructeurs européens face à la concurrence mondiale.

Un report pour éviter un choc industriel

L’ACEA ne remet donc pas en cause l’objectif de décarbonation, mais demande que le calendrier soit aligné sur la réalité du marché. Le secteur réclame à la fois une accélération immédiate des infrastructures et un décalage de trois ans de l’échéance réglementaire.

Pour les constructeurs, le message adressé à Bruxelles est clair : les camions zéro émission sont disponibles, mais leur déploiement à grande échelle dépend désormais d’un écosystème que l’Europe n’a pas encore mis en place.

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