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Il faut pouvoir financer la transition énergétique, Ulrich Loebich (Daimler Truck France)

La conférence de presse annuelle de Daimler Truck France vendredi à Paris a donné l’occasion à son président France, Ulrich Loebich, de faire le point sur la filiale, ses résultats commerciaux et la situation de la transition énergétique. Il a rappelé que la transition énergétique coûtait chère. 

Ulrich Loebich a introduit la conférence par la situation du groupe, évoquant, certes, des résultats financiers solides mais un besoin constant de rentabilité : « La profitabilité n’est pas à la hauteur de nos attentes [malgré des résultats financiers et des ratios de Retour sur les ventes (ROS) conformes aux anticipations des investisseurs NDLR], notamment si l’on prend comme point de comparaison le groupe américain Paccar ou la marque Scania ». Provocation vis-à-vis des clients ? Que nenni : « Il faut pouvoir financer la transition énergétique, et pas seulement en Europe, au niveau mondial » explique-t-il.

La situation du groupe apparaît équilibrée, tant en Europe (où avec ses 17.8% de parts de marché, il est n°1 devant Volvo pour les véhicules de plus de 3.5t) qu’en Amérique du Nord. Mais avec 5485 immatriculations de Mercedes-Benz (pour un marché MTM France à 47 978 unités en 2024) et 1375 Fuso (sur un segment comptabilisant 3138 unités), il ne se satisfait pas des résultats commerciaux, en net repli par rapport à 2023.

Le début d’année 2025 n’est pas mieux orienté : « côté clients on sent des hésitations (…) on est dans une phase assez tendue dans le transport routier pour le pavillon français » analyse-t-il, prenant en exemple le nombre de défaillances d’entreprises du secteur. Concernant les investissements du groupe en France, il évoque la construction d’une nouvelle plateforme logistique dédiée Daimler Truck et Daimler Buses (exploitée par le groupe Daher), à Autrèche (Indre-et-Loire).

Ulrich Loebich, président de Daimler Truck France

Motiver réseau et clients autour des nouveautés et de la transition énergétique

Pour 2025, il se veut volontariste avec la commercialisation des Actros L ProCabin, de l‘eActros 600, la présentation de l’eArocs 400 lors de la BAUMA 2025 et l’initiative autour de l’offre Tout compris à 1990€ H.T/mois de location longue durée sur 36 mois et 300 000km pour un Actros L1845 LS 4×2.

Sur le financement des véhicules électriques, Daimler Truck France ne souhaite pas s’engager vers la location à l’usage des batteries comme le fait, par exemple, Volvo Trucks France. Le message étant plutôt de rappeler la responsabilité des États pour créer un écosystème clair, pérenne, favorable aux véhicules électriques. « AAP[1] ou guichets PME furent d’excellentes initiatives ponctuelles. Mais les transporteurs ont besoin de stabilité et d’aides – locales ou nationales – pérennes et stables pour décarboner le transport routier. Cela vaut pour les investissements en camions comme en infrastructure. »

Pour Ulrich Loebich, il n’est pas question de revenir sur les objectifs fixés par l’Union européenne dans le cadre de Fit-for-55. Il rappelle le credo du groupe selon lequel « le futur du transport passe par un mix énergétique » en misant sur le Diesel (éventuellement alimenté au HVO) les électriques à batteries et l’hydrogène. Il a rappelé les coopérations avec Volvo AB via Milence (réseaux de recharge) ou CellCentric (piles à combustible). Lorsque les journalistes l’interrogent sur les travaux de Daimler sur le moteur à combustion hydrogène, il s’agace : « Est-ce que cela vaut la peine d’en parler ? Cela ne fait que ralentir le vouloir (sic) des clients à aller vers les solutions actuelles ». Pour l’atteinte des objectifs Vecto à l’échéance 2025, sans donner de chiffres, il s’affiche serein « nous n’avons aucun souci là-dessus », les baisses de consommations obtenues sur les dernières générations d’Actros contribuant à l’atteinte de ce premier seuil.

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Plaidoyer pour le HVO

Sur le sujet des biocarburants : « je note que le B100 prend une importance non négligeable sur le marché France, même si ces carburants existent au Brésil ou en Asie, cela reste une offre trop franco-française » résume Ulrich Loebich. Il préfère défendre le HVO : « Il faut que le HVO passe Crit’Air 1, c’est une question d’équité technologique ». Il prend en exemple les résultats techniques des mesures d’émissions sollicitées par la haute administration française. Mais il conclut que ce problème est politique.

[1] AAP Appels à projets, initiatives portées par l’ADEME via plusieurs enveloppes et  programmes au cours de l’année 2024.