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En sursis, le CFA accuserait un déficit de 37,4 millions d’euros

Selon les chiffres que TRM24 a pu se procurer, le Congé de Fin d’Activité accuserait un déficit sans précédent de 37,4 millions d’euros. Malgré un accord conclu cet été, il serait toujours en sursis. Les partenaires sociaux se sont retrouvés mardi dernier pour discuter des éventuelles solutions pour sauver le CFA. FO est la seule organisation n’ayant pas souhaité y participer.

A fin 2019, 7 945 allocataires touchaient le CFA, 38 057 depuis sa création en 1997. Le montant de l’allocation moyenne s’élève à 1 943 euros (1 930 en 2018).

Cotisations encaissées insuffisantes, augmentation importante du nombre d’entrants (2 193 dossiers en 2019 contre 1 639 en 2016), aggravation des cotisations sociales et taxes, la situation ne devrait pas s’arranger à l’avenir. Rien que l’an dernier, le déficit enregistré a été de 17,6 millions d’euros sur les 37,4 millions globaux, toujours selon nos informations. Aujourd’hui, le CFA est co-financé pour les 30 premiers mois par les cotisations des salariés et employeurs puis ensuite par l’Etat.

Certes, l’accord conclu pendant l’été permet d’éteindre le feu temporairement mais ne règle en aucun cas le problème du financement et n’épongera pas la dette record. L’accord équilibre tout juste le régime basé désormais sur un système de décote et de surcote. Avec pour principale conséquence : la réduction de l’allocation des conducteurs partant à 57 ans (à 70 % du salaire annuel brut moyen calculé sur les 12 dernières années). Jusqu’à présent, l’allocation était fixée à 75 % du salaire annuel brut moyen pour les conducteurs de 57 à 61 ans. Dans le nouvel accord, le pourcentage passe à 80% pour ceux qui partent à 60 ou 61 ans « afin d’encourager les conducteurs à partir plus tard ». Les routiers s’arrêtant de plus en plus tôt.

Il y a un an, en septembre 2019, le secrétaire d’État aux Transports Jean-Baptiste Djebbari avait assuré le maintien de son financement pour 3 ans jusqu’en 2023. En contrepartie, il avait rappelé que l’exécutif souhaitait renégocier le CFA. En effet, selon le protocole de 2017, un accord aurait dû être trouvé fin 2019 avec une mise en œuvre en janvier 2021. La phase de renégociations est donc lancée.