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Guerre en Iran : déstabilisation du transport de marchandises dans le monde

La guerre impliquant les États-Unis, Israël et l’Iran provoque de fortes perturbations dans le commerce international. Si le transport de voyageurs est touché, c’est surtout le trafic de marchandises qui subit les conséquences les plus importantes. De nombreux navires, qu’il s’agisse de porte-conteneurs, de vraquiers ou de pétroliers, sont immobilisés ou contraints de modifier leur trajectoire.

Le détroit d’Ormuz, un passage stratégique sous pression

Le détroit d’Ormuz, situé entre l’Iran et Oman, constitue un axe essentiel pour l’économie mondiale. Chaque jour, environ 20 millions de barils de pétrole y transitent, ce qui représente près d’un cinquième de la consommation mondiale et plus d’un quart du commerce maritime pétrolier. Ce corridor est également indispensable pour le gaz naturel liquéfié et les engrais, dont une part considérable de la production mondiale y circule. La montée des tensions rend ce passage particulièrement sensible et accentue les risques pour les transporteurs.

Des compagnies maritimes contraintes de s’adapter

Face à cette situation, plusieurs grands armateurs ont pris des mesures exceptionnelles. Maersk a décidé de bloquer ses navires dans la zone concernée, tandis que CMA CGM et MSC ont demandé à leurs bâtiments présents dans le Golfe de se mettre à l’abri et suspendu les nouvelles réservations vers le Moyen-Orient.

Pour éviter la zone à risque, certains trajets sont désormais déviés par le cap de Bonne-Espérance, ce qui allonge les itinéraires de dix à quinze jours. Ces détours entraînent une augmentation des dépenses en carburant, une moindre disponibilité des navires et des retards qui finissent par renchérir le coût du transport et, par conséquent, celui des marchandises.

Une envolée des assurances et du pétrole

Le secteur de l’assurance maritime subit lui aussi les répercussions du conflit. Des garanties « war risk » ont été annulées dans les zones les plus exposées et les primes appliquées aux pétroliers transitant par le Golfe persique ont augmenté d’environ 50 %, en particulier pour les navires desservant des ports israéliens.

Le gazole à un niveau record

Parallèlement, les marchés pétroliers connaissent une forte volatilité. Le Brent a dépassé les 80 dollars avant de refluer, tandis que le WTI a franchi la barre des 70 dollars. Cette instabilité reflète les inquiétudes liées à une possible perturbation durable des approvisionnements.

En France, le gazole a dépassé 1,70 euro le litre, un niveau inédit depuis plus d’un an. Cette hausse rapide, observée en l’espace d’une semaine, pourrait se poursuivre si les tensions persistent. Comme le diesel représente la majorité des ventes de carburants, l’impact se fait déjà sentir sur les coûts de transport, les entreprises et le budget des ménages.

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