Avec 4 112 unités mises à la route (chiffre ANFIA publié par la revue Autobus[1]), le marché italien des autobus et autocars neufs s’est bien porté en 2025.
Année 2025 historique
On pourrait croire qu’avec un recul de 15.8% par rapport aux immatriculations 2024, le marché italien des autocars et autobus soit en dépression. En fait, il n’en est rien puisque 2024 fut une année exceptionnelle avec pratiquement 4 900 unités. Avec 4 112 immatriculations neuves, le marché 2025 entre même dans le palmarès des 5 meilleures années historiques (suivent 2023 avec 4105 véhicules neufs puis 2004 avec 4016 immatriculations).
Comme pour l’Espagne, cette dynamique est en lien étroit avec une politique de relance appelée Plan national de reprise et résilience (Piano nazionale di ripresa e resilienza). Attention toutefois : ce programme d’aide à l’investissement se termine le 30 juin 2026, ce qui augure d’une année 2027 potentiellement difficile. Ces subsides contribuent également à la spectaculaire croissance de la part de marché des véhicules électriques (à batteries comme trolleybus), en hausse de +20%. Selon la revue Autobus, ces véhicules ont représenté 30% du volume total d’immatriculations 2025.
Les modèles à moteur Diesel restent majoritaires (1573 en 2025) mais leur part de marché décroît significativement. Elle est désormais de 38.2% du total. Les autobus hybrides sont, avec 319 immatriculations, très loin derrière les modèles GNV (956 unités, faisant de l’Italie une autre place forte européenne pour ces véhicules). Les autobus à hydrogène ont représenté 34 unités, soit 0.8% du marché. Ce volume s’explique comme pour les électriques, pas les aides publiques.
Un palmarès des marques très différent de la France
Si Iveco Bus domine des deux côtés des Alpes, la part de marché en Italie est inférieure à celle connue en France (35.5% contre 48.36%). Idem pour la deuxième place détenue par Daimler Buses (18.1% contre 19.22% en France). Notez la performance de Setra qui y vend 133 autocars. L’Italie aime l’autocar de classe III, en témoignent les 71 Neoplan ou 16 Ayats qui y ont été enregistrés. Mais le palmarès change à partir de la 3ème place puisque celle-ci est détenue par … Solaris Bus. Avec 348 immatriculations, la marque polonaise fait figure de puissance majeure en Italie. Ceci s’explique par le succès rencontré outre-Alpes par le SolarisBus InterUrbino, un autocar de classe II très apprécié en région Lazio. Solaris Bus devance ainsi Traton. Scania y est nettement plus présent qu’en France (246 unités contre 145), un succès là encore dû aux autocars de Classe III, tout particulièrement les modèles Irizar sur châssis Scania. Paradoxalement, VDL et Van Hool ne profitent pas de cet appétit pour les Classe III (13 unités cumulées seulement pour VDL Bus Group). Si la situation de Volvo Buses n’est pas florissante en France, que dire alors de l’Italie (3 immatriculations). Le camp italien compte aussi des acteurs locaux comme Menarinibus dédié aux autobus urbains (152 unités, soit 3.7% du marché).
La Turquie et la Chine en nombre
Comme en France, les constructeurs turcs sont actifs sur place, avec là encore, quelques différences notables : Temsa y est faible (57 immatriculations contre 304 en France), à l’inverse de Karsan (158 unités, nettement plus que nos 52 immatriculations). Otokar Europe y a une part de marché de 2.4% (104 unités) à comparer aux 4.21% (et 253 unités) enregistrés en France en 2025. Écart encore plus grand pour Isuzu Anadolu entre l’Italie et la France (55 en Italie contre 220 en France métropolitaine). La délégation de l’Empire Ottoman compte également les marques BMC et Güleryüz.
La Chine est présente dans la Botte via King Long (154 immatriculations) qui domine le marché grâce à un importateur bien établi depuis de nombreuses années sur place. Yutong suit à 95 unités tandis que BYD a connu une sévère décrue (14 immatriculations au compteur 2025). Higer est à 24 unités (on ne sait pas comment sont comptabilisés les châssis Scania carrossés par Higer). Suivent d’autres arques inconnues chez nous, mais importantes, comme CRRC (20 unités). Alfabus, malgré son nom, qui pourrait sur un malentendu « sonner local » aux oreilles italiennes, n’a pas dépassé les 2 unités enregistrées en 2025. Mais la firme chinoise compte bien étendre ses activités en Fance après l’Italie et l’Espagne. Affaire à suivre.
Tous nos remerciements à notre partenaire Autobus. Lien (en italien) : https://www.autobusweb.com/mercato-autobus-italia-2025-dati-immatricolato/
[1] La revue italienne Autobus est fondatrice du prix du Sustainable Bus Award dont TRM24 est juré pour la France.

