La CSIAM a publié son bilan de rentrée analysant les 8 mois 2025 du marché du véhicule industriel. Si les immatriculations de véhicules neufs sont orientées à la baisse, la petite note d’espoir réside dans la (timide) croissance des énergies hors pétrole. Mais on est loin du compte pour tenir les objectifs du Pacte Vert de l’UE.
Les énergies « hors pétrole » croissent lentement
La CSIAM rappelle que l’année 2025 est « une année clé pour la transition écologique ». En effet cette année ouvre la période de comptabilisation des émissions moyennes des véhicules industriels neufs mis à la route. Ce « reporting » a commencé le 1er juillet 2025 et s’achèvera le 30 juin 2026. Par rapport au panier de 2019, les constructeurs doivent atteindre -15% pour échapper aux pénalités. En 2030, cette réduction par rapport à 2019 devra être de -43% !
Premier fait acquis : la part des moteurs Diesel « à pétrole » ou flexibles, diminue : on est passé de 90% du mix (janvier à août 2024) à 88.3% (janvier à août 2025). La 1ère alternative est représentée par le B100 Exclusif qui s’arroge 6.1% des immatriculations « hors pétrole ». En 2ème place, le GNV fait mieux que résister avec 3.7% des immatriculations. Il était à 3% à la même période de 2024. L’électrique à batteries connaît aussi une croissance, passant de 1.2% à près de 1.9% en 2025.
Mais il y a un mais : pour arriver aux objectifs fixés pour 2030, cela pourrait bien être déjà perdu si l’on tient compte des délais de carrossage. Le Secrétariat Général à la Planification Ecologique ayant fixé un objectif de 46% des immatriculations de poids-lourds en électrique à batteries pour 2030. Il faudrait que les immatriculations de véhicules électriques fassent plus de 100% de hausse chaque année entre 2025 et 2030 pour tenir l’objectif. La CSIAM insiste sur l’offre de plus en plus diversifiée de camions à batteries, mais cela suffira-t-il ? Selon le document de la CSIAM, 85% des immatriculations sont le fait d’entreprises ayant moins de 10 véhicules. Comment ces PME et TPE vont pouvoir financer les investissements et conformer leurs exploitations aux exigences de l’Union Européenne et de la France ?
Un recul de 16,8%
La CSIAM a publié son bilan de 8 mois 2025 du marché du véhicule industriel. Sans surprise, il confirme la baisse générale. Une conséquence « d’une année 2024 faible en entrées de commandes ». Les faits sont cruels : si de janvier à août 2024 il y eut 32520 immatriculations, pour la même période de 2025 on est à seulement 27 105. Avec ce recul de -16.8% on serait dans la fourchette annoncée par l’OVI (année 2025 compris entre 39 500 et 41 000 unités), soit une baisse par rapport à 2024 comprise entre -16.2% et -19.4%. Sans surprise, l’écart entre tracteurs et porteurs tient aux délais de carrossage des seconds, qui ont fait que le marché des camions s’est mieux comporté que celui des tracteurs routiers.
La CSIAM tiendra une conférence le 18 novembre à 16 heures à l’occasion du salon Solutrans 2025.
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