Selon les dernières données publiées par l’OVI, le marché européen des véhicules industriels (VI) de plus de 3,5 tonnes subit un net ralentissement. Après une baisse de 5,5 % en 2024 avec 392 175 véhicules immatriculés, la tendance se poursuit début 2025 avec un repli de 15,2 % au premier trimestre. 2024 s’est achevé avec un repli des tracteurs (-10,3%), ce mouvement a perduré sur les cinq premiers mois de 2025.
Depuis le 3ᵉ trimestre 2024, les immatriculations trimestrielles sont passées sous le seuil des 100 000 unités, alors qu’elles étaient supérieures au cours des six trimestres précédents.
Les principaux marchés affichent des replis significatifs :
- Allemagne : -25,4 %
- Espagne : -13 % (après +120 % en 2024)
- Italie : -9,4 % (stagnation en 2024)
- Europe de l’Est : -10,8 % dont Pologne -12,5 %, après une année 2024 déjà difficile (-18,9 % à l’Est, -20,9 % en Pologne seule).
France : un marché des VI en net recul (-19,1 %)
Un repli sur les cinq premiers mois de 2025
Après une année 2024 stable (+0,4 % à 49 056 VI de +5t immatriculés), le marché français décroche sur les cinq premiers mois de 2025 :
- Tracteurs routiers : -28,4 % à 8 960 unités. Leur baisse brutale a débuté en juillet 2024.
- Porteurs : -7,2 % à 9 104 unités, un volume supérieur à celui des tracteurs, rareté due à la livraison de reliquats de commandes.
Au total, le marché français des VI recule de 19,1 % sur cinq mois, et de 10,9 % sur douze mois glissants (44 793 immatriculations). Sur dix ans, les immatriculations de tracteurs sont nettement en retrait par rapport à la moyenne (10 909 sur cinq mois). Seule l’année 2020 avait fait pire (7 186). Pour les porteurs, elles restent légèrement supérieures à la moyenne décennale (9 013).
2025 : une année de défis pour la filière
Les délais se sont normalisés mais repartent légèrement à la hausse :
- Constructeurs : 97 jours en moyenne contre 87 en décembre 2024. Près de la moitié des concessionnaires dépassent encore les 100 jours.
- Carrossiers : en baisse à 104 jours (118 il y a un an) mais toujours supérieurs à 100 jours, seuil sous lequel ils n’ont pas été depuis 2017.
Les commandes de porteurs neufs reculent de 12 %. L’investissement pour l’extension de flotte diminue, ne représentant plus que 8,3 %, un niveau insuffisant pour espérer une reprise significative du parc.
L’électrification de la flotte reste marginale. Malgré les efforts des constructeurs, l’offre de financement et le déploiement d’infrastructures de recharge, la transition électrique stagne. La contraction économique et la fragilité des trésoreries freinent durablement les investissements dans ces technologies.
Prévisions pour 2025
Selon l’OVI, le 2ème semestre 2025 est également attendu en baisse mais il pourrait bénéficier « d’une base de comparaison plus favorable ». Ses prévisions 2025 sont toujours en fort repli avec un resserrement de la fourchette vers les chiffres les plus pessimistes entre -16% et -19 %.
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