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Northvolt AB dépose le bilan  

Les activités américaines du suédois Northvolt placées sous administration judiciaire

Après avoir vu ses activités Nord-américaines placées sous la protection du Chapter 11 aux USA, cette fois-ci c’est bien la maison mère Northvolt AB qui dépose le bilan.

Northvolt AB a déposé son bilan, ce qui entraîne de facto celui de Northvolt Ett AB, Northvolt Labs AB, Northvolt Revolt AB et Northvolt Systems AB. Son Conseil d’administration a dû prendre cette mesure, malgré un drastique plan de restructuration annoncé l’été dernier (1 600 suppressions de postes, abandon des programmes autour de l’industrialisation de procédés de recyclage ou pour la fabrication de ses propres anodes et cathodes, etc).

Le Conseil d’administration déclare toujours rechercher « toutes les options réalistes pour obtenir du financement afin de poursuivre ses activités pendant la procédure de faillite suédoise ». Si Scania a tenu à s’engager commercialement vis-à-vis de Northvolt, cela n’aura pas été suffisant pour sauver la trésorerie de Northvolt AB.

Le communiqué de la firme Suédoise daté du 12 mars 2025 évoque à la fois « la hausse des coûts du capital, l’instabilité géopolitique, les perturbations subséquentes de la chaîne d’approvisionnement et les changements dans la demande du marché ».

Tom Johnstone, président par intérim du Conseil d’administration, évoque indirectement la question des rebuts (également signalés comme critiques chez ACC) lesquels auraient constitué un autre obstacle économique. Celui-ci, évoquant les progrès de l’usine Northvolt de Skellefteå, déclare : « la production de cellules des lignes de production en série a doublé et nous avons obtenu une amélioration de 50% du rendement de production depuis septembre [2024 NDLR] ».

Scania se veut rassurant

Désormais, le sort de Northvolt AB est dans les mains d’un syndic suédois qui « supervisera désormais le processus, y compris la vente de l’entreprise et de ses actifs ainsi que le règlement des obligations en suspens ». Pour Scania, actionnaire (certes très minoritaire) mais surtout client de Northvolt, c’est une mauvaise nouvelle que s’empresse de relativiser Erik Bratthall, directeur des relations presse Corporate du groupe Scania. Selon lui, les livraisons actuelles de cellules Northvolt dépassent les cadences de production de camions électriques de la marque. Il indique que des référencements externes seraient en cours et il ajoute que la firme aurait « assuré les livraisons futures de cellules de batteries ». Scania ira-t-il, comme MAN l’autre marque du groupe Traton, se fournir en cellules CATL ?

Quid de la souveraineté technologique européenne ?

Les plans de l’Union européenne pour voir émerger des « champions européens de la batterie » lithium-ion ont du plomb dans l’aile. Les acteurs européens représenteraient 60GWh (installés ou en projet). Pour situer l’ampleur du problème, citons Jérémie Ni, directeur de Chinform Training et président du Club Panda & Coq à Paris. Il a recensé les annonces d’unités de productions asiatiques en Europe :  LG (Pologne pour 70 GWh), Samsung (Hongrie, 10 GWh) ;  SK (Hongrie, 30 GWh), CATL (Allemagne 20 GWh, Hongrie, 100 GWh), projet conjoint CATL et Stellantis en Espagne (50 GWh), CALB (Portugal, 15 GWh) sans oublier BYD en Hongrie, (non chiffré). Evidemment cela ne comprend pas les usines qui sont déjà opérationnelles en Chine, Corée du Sud ou Japon.