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Carburants : le pire scénario se dessine pour le transport routier

La hausse des carburants prend une tournure particulièrement préoccupante, en particulier pour le transport routier. En sept jours, le prix moyen du gazole a augmenté de près de 10 centimes, pour atteindre 2,4224 €/litre. Avec un Brent déjà supérieur à 100 dollars, les tensions géopolitiques autour des détroits d’Ormuz et de Bab el-Mandeb font peser un risque supplémentaire sur l’approvisionnement et les cours pétroliers.

Les tensions géopolitiques aggravent le risque

Le blocage du détroit d’Ormuz par l’Iran et la situation à Bab el-Mandeb renforcent les inquiétudes sur les flux d’hydrocarbures. La perspective de nouvelles perturbations intervient alors que les stocks et les capacités de raffinage sont déjà sous pression. Aux États-Unis, Donald Trump a lui-même appelé l’Ukraine à ne pas viser les infrastructures pétrolières russes, dans un contexte de forte hausse des prix du gazole.

Le comportement des automobilistes traduit cette inquiétude : les achats préventifs provoquent des tensions dans les stations-service. 1 961 stations sur 9 334, soit 21 %, seraient actuellement en rupture d’au moins un carburant, contre 18,6 % une semaine auparavant.

Un double choc pour les transporteurs

Pour le TRM, l’envolée du gazole intervient alors que les entreprises attendent toujours une partie des aides publiques promises. Les versements d’avril ne sont pas tous effectués et ceux de mai commencent seulement à arriver. Les modalités pour les mois suivants restent incertaines.

Selon l’OTRE, 70 % des entreprises n’auraient reçu qu’un seul mois d’aide et 30 % aucune aide, alors que cinq mois de soutien auraient déjà dû être versés. À cette situation s’ajoute l’exclusion du transport routier de la quatrième vague d’aides.

Le problème n’est plus seulement le prix du carburant

Le risque économique se déplace désormais vers la trésorerie des entreprises de transport. La hausse du gazole augmente immédiatement les coûts d’exploitation, tandis que les mécanismes censés compenser cette hausse arrivent tardivement ou restent incertains.

L’enjeu devient donc celui de la capacité des transporteurs à répercuter rapidement le surcoût carburant dans leurs tarifs. Or, même lorsque les clauses d’indexation existent contractuellement, leur application peut être décalée ou incomplète.

L’OTRE réclame une répercussion immédiate

Face à cette situation, l’OTRE demande aux donneurs d’ordre de revoir immédiatement les tarifs de transport et d’appliquer effectivement l’indexation carburant.

L’organisation demande également à l’État d’accélérer les paiements, de prolonger les aides pour juin à août et de réintégrer le TRM dans la quatrième vague de soutien.

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