La Commission européenne a réuni hier partenaires sociaux et Etats membres dans le cadre d’un dialogue visant à trouver des propositions concrètes pour simplifier l’application des règles du travail de l’UE et à garantir une main-d’œuvre durable. Le TRM est l’un des secteurs qui subit de plein fouet depuis des années d’une pénurie de conducteurs : 500 000 postes de conducteurs vacants. L’IRU qui y participait a souligné les mesures essentielles pour attirer de nouveaux talents, soutenir des conditions de travail équitables et renforcer la résilience des systèmes de mobilité.
Vers un cadre équitable pour la mobilité de la main-d’œuvre
Ce dialogue de haut niveau a porté sur la nécessité de rendre la mobilité professionnelle plus simple, plus juste et plus efficace. Il constitue une étape importante dans la préparation du futur paquet législatif « Mobilité équitable de la main-d’œuvre », que la Commission européenne prévoit de présenter l’an prochain.
Selon Raluca Marian, déléguée générale de l’IRU : « L’Europe a aujourd’hui l’occasion d’intégrer les règles de mobilité professionnelle à la réponse au manque criant de conducteurs et aux défis liés au recrutement dans notre secteur. Nous avons également demandé la création d’outils concrets, comme un calculateur européen des salaires pour les conducteurs détachés, le développement de solutions numériques facilitant les opérations transfrontalières, ainsi que l’égalité de traitement pour tous les chauffeurs, européens comme non-européens. »
Une clarification juridique indispensable
La question de la sécurité sociale a également été mise en avant, un sujet crucial aussi bien pour les entreprises que pour les conducteurs, dans le cadre de la révision actuelle des règles européennes. L’IRU insiste sur la nécessité de mettre en place des règles cohérentes et prévisibles, permettant de protéger les travailleurs tout en donnant aux opérateurs la possibilité de planifier leurs activités avec sérénité.
Un secteur au bord de la rupture
« Avec près de 500 000 postes de conducteurs à pourvoir et une demande de transport routier en constante progression, il est urgent d’agir », avertit Raluca Marian. Le secteur fait face à un vieillissement préoccupant de sa main-d’œuvre : l’âge moyen des conducteurs approche les 50 ans et moins de 5 % ont moins de 25 ans. Or, le transport routier assure 75 % du fret intérieur en Europe et constitue la principale solution pour les déplacements collectifs de passagers. Sans chauffeurs, c’est l’ensemble du système qui risque l’arrêt.







