Le ministre des transports, Philippe Tabarot, a annoncé le lancement d’une expérimentation nationale autorisant les conducteurs de bus et d’autocars à porter des caméras individuelles. Prévue par la loi du 28 avril 2025, cette expérimentation sera menée jusqu’en juin 2028 afin de renforcer la sécurité des personnels et des voyageurs.
Une mesure inspirée par un drame
Philippe Tabarot a rappelé que cette initiative s’inscrit dans la volonté de mieux protéger les personnels des transports, évoquant notamment le décès d’un chauffeur de bus à Bayonne en 2020. Selon le ministre, cette expérimentation traduit la volonté du Gouvernement de renforcer la sécurité dans les transports en s’appuyant sur de nouveaux outils technologiques.
En cas de menace pour leur sécurité ou celle des passagers, les conducteurs pourront déclencher un enregistrement audiovisuel après en avoir informé oralement les personnes concernées. Les images seront transférées sur un serveur à l’issue du service ou, en cas d’urgence, transmises en temps réel au poste de commandement. Le dispositif prévoit des garanties strictes concernant l’information du public et la protection des données.
Un objectif de prévention et d’aide aux enquêtes
Ces caméras ont pour vocation de dissuader les comportements violents, de mieux protéger les conducteurs et les voyageurs, mais aussi de faciliter l’identification des auteurs d’infractions grâce aux images et aux enregistrements recueillis.
Cette mesure intervient dans un contexte d’augmentation des agressions contre les agents des transports. En 2024, 4 181 faits de violence ou d’incivilité ont été recensés, soit une hausse de 25 % en un an, avec des conséquences sur les conditions de travail et l’attractivité des transports publics.
Une politique globale de renforcement de la sûreté
L’expérimentation s’inscrit dans la continuité des mesures prévues par la loi du 28 avril 2025, notamment : l’extension des caméras-piétons à plus de 11 000 agents de contrôle ; le renforcement des pouvoirs des agents de sûreté de la SNCF (SUGE) et de la RATP (GPSR) par le décret du 30 mars 2026 ; l’expérimentation du port de pistolets à impulsion électrique par les agents de sûreté de la SNCF et de la RATP dans un cadre juridique strict.
Le décret autorisant cette expérimentation sera publié au Journal officiel. À son terme, une évaluation permettra de mesurer son efficacité et de décider d’une éventuelle généralisation du dispositif.






