La Fédération Française de Carrosserie (FFC) et SOLUTRANS+ tirent la sonnette d’alarme face à l’envolée des prix des carburants. Elles dénoncent l’absence de mesures spécifiques pour le transport routier de marchandises, alors que d’autres secteurs ont bénéficié de dispositifs de soutien.
« Laisser aujourd’hui le transport routier s’effondrer, c’est condamner demain l’approvisionnement des Français, fragiliser notre tissu industriel et détruire des milliers d’emplois directs et indirects. Il est temps que le gouvernement prenne la mesure du péril avant qu’il ne soit trop tard », estime Patrick Cholton, vice-président de la FFC et président de SOLUTRANS +.
Des transporteurs pris entre hausse des coûts et délais contractuels
Les entreprises de transport voient leurs charges d’exploitation augmenter brutalement, sans pouvoir répercuter immédiatement ces surcoûts à leurs clients. Les contraintes contractuelles et les délais de renégociation fragilisent ainsi leur trésorerie et, à court terme, la pérennité de nombreuses entreprises.
Pour la FFC et SOLUTRANS+, cette situation dépasse largement le seul secteur du transport. Le routier constitue un maillon essentiel de l’économie, notamment pour l’approvisionnement en produits alimentaires, matériaux, pièces industrielles ou produits pharmaceutiques.
Les investissements industriels directement menacés
L’effet de la crise pourrait se propager à l’ensemble de la filière du véhicule industriel. Sous pression financière, les transporteurs risquent de reporter ou de geler leurs investissements dans le renouvellement des véhicules et des matériels.
Constructeurs de poids lourds, carrossiers, équipementiers, concessionnaires, ateliers de maintenance et distributeurs de pièces détachées pourraient ainsi subir à leur tour le ralentissement de l’activité.
La transition énergétique également fragilisée
Cette situation intervient alors que les entreprises de transport doivent engager des investissements importants pour réduire les émissions de leurs flottes. Pour la FFC et SOLUTRANS+, l’affaiblissement de leur capacité financière risque donc de compliquer le financement de cette transition.
Un dispositif d’urgence réclamé à l’État
Les deux organisations demandent au gouvernement de reconnaître le caractère stratégique du transport routier et d’agir rapidement. Elles réclament la mise en place d’un dispositif spécifique destiné à compenser la hausse des carburants, ainsi que l’ouverture d’une concertation nationale avec les représentants du secteur.
L’enjeu, selon elles, est désormais de contenir les effets de la crise avant qu’ils ne se transmettent à l’ensemble de la chaîne industrielle et logistique.
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