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Hausse des carburants : les fédérations du transport routier (enfin) reçues par le ministre des transports

Après près de deux semaines d’attente, le ministre des Transports, Philippe Tabarot, a finalement accepté de rencontrer les fédérations du transport routier de marchandises et de voyageurs. La réunion est prévue ce mardi à 14h30 en présence de la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon.

Jusqu’à présent, le ministre avait rencontré les acteurs du transport aérien et maritime, sans engager de discussions avec les professionnels de la route, sans que les raisons de ce choix ne soient clairement expliquées.

Lors de cette réunion, des distributeurs de carburant seront également présents afin d’aborder les conséquences de la situation internationale sur l’activité du transport routier.

Des mesures urgentes réclamées face à la hausse des carburants

Depuis plusieurs jours, les fédérations professionnelles multiplient les appels au gouvernement pour obtenir des mesures rapides. Après l’OTRE qui a détaillé ses demandes, la FNTR demande notamment la mise en place d’une indexation accélérée des coûts afin d’adapter plus rapidement les tarifs aux fluctuations du prix des carburants.

Elle souhaite également la possibilité de réviser l’indice CNR et d’autoriser une facturation tous les quinze jours pour limiter l’impact immédiat des hausses de prix sur les entreprises.

Par ailleurs, la FNTR propose d’étudier la création d’un mécanisme d’amortissement financé par le surplus de taxes généré par la crise, afin de soutenir le secteur. Elle demande aussi un renforcement des contrôles de la DGCCRF face aux comportements anormaux observés lors du remplissage des cuves de carburant.

Florence Berthelot, déléguée générale de la FNTR, alerte : « Beaucoup de transporteurs ne tiendront pas jusqu’à la fin du mois pour appliquer l’indexation prévue dans leurs contrats ».

Les cartes carburant, une difficulté supplémentaire pour les entreprises

La FNTR a également signalé des problèmes liés aux cartes carburant, notamment en raison de l’application de tarifs différents entre particuliers et professionnels.

Les compagnies pétrolières fixent aux entreprises un plafond d’encours pour l’utilisation de ces cartes. Avec la forte hausse des prix, ce plafond est atteint beaucoup plus rapidement. Une fois dépassé, les pétroliers peuvent bloquer les cartes ou exiger des garanties financières supplémentaires.

Or, dans le contexte actuel, de nombreuses entreprises ne disposent pas des garanties nécessaires. La fédération estime donc que des solutions doivent être trouvées, notamment en matière d’assurance-crédit.

L’IRU demande une réponse coordonnée de l’Union européenne

De son côté, l’International Road Transport Union (IRU) appelle la Commission européenne à coordonner une réponse urgente à l’échelle de l’Union européenne afin de stabiliser les marchés du carburant et garantir la continuité des flux de marchandises.

Selon les premiers retours des membres de l’organisation, la disponibilité du carburant commence déjà à se tendre dans certains États membres, avec l’apparition de cas de rationnement imposé par certains fournisseurs.

Dans une lettre adressée à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, l’IRU propose trois mesures prioritaires : coordonner l’utilisation des réserves stratégiques de pétrole entre les États membres, assouplir temporairement les droits d’accise sur les carburants et permettre un soutien ciblé aux entreprises dans le cadre des règles européennes relatives aux aides d’État.

Une menace pour la continuité de l’activité du transport

Les perturbations des flux énergétiques maritimes transitant par le détroit d’Ormuz commencent déjà à se répercuter sur les prix et l’approvisionnement en carburant dans toute l’Union européenne.

Avec plus de 90 % du parc de camions européens fonctionnant au diesel, toute perturbation de la disponibilité du carburant pourrait avoir un impact immédiat sur les opérations de transport et sur le fonctionnement des chaînes d’approvisionnement.

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